589 établissements ont été perturbés ce lundi, en légère décrue par rapport à vendredi. Mais la mobilisation cherche désormais à agréger étudiants, enseignants et salariés pour la journée de mardi.

Le lundi 5 octobre marque plutôt une décrue des blocages, mais pas un essoufflement politique du mouvement. Et mardi 6 octobre pourrait être le véritable test : les lycéens veulent transformer une mobilisation dispersée en mouvement national, avec l’appui désormais affiché d’une partie du monde étudiant, enseignant et syndical.
Le bilan chiffré du lundi 5 octobre
À la mi-journée, le ministère recensait 413 établissements perturbés, contre 564 vendredi à la même heure, soit une baisse d’environ 27 %. En fin de journée, le ministre Édouard Geffray a porté le bilan à 589 établissements perturbés, contre 735 vendredi.
À cela s’ajoutent :
- 400 à 500 lycées avaient été annoncés comme susceptibles de fermer totalement ou partiellement lundi pour des raisons de sécurité ;
- environ 3 700 lycées existent en France ;
- 30 à 40 sites universitaires étaient également perturbés ou fermés lundi, signe que la contestation commence à dépasser le seul cadre lycéen;
- Depuis le début de la crise, le gouvernement fait état d’environ 5 000 interpellations, dont près de 85 % de mineurs ;
- 24 établissements scolaires auraient été incendiés ou saccagés ;
- 78 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés, selon le ministère.
- Plusieurs jeunes ont été blessés, notamment à Lens où un lycéen a eu la main arrachée par ue grenade de désencerclement, dans des circonstances qui restent à éclaircir.
Mais il faut être prudent avec ces chiffres : perturbation, fermeture administrative, blocage et manifestation ne désignent pas la même chose. La comparaison quotidienne donne donc une tendance, pas une mesure exacte du nombre de manifestants.
Pourquoi mardi peut changer la donne
L’« acte III » appelé par l’Union syndicale lycéenne est d’une nature différente. Pour la première fois, le mouvement bénéficie d’un soutien beaucoup plus large.
Une intersyndicale de l’Éducation nationale appelle à participer aux mobilisations. La CGT affirme vouloir être « aux côtés » des lycéens et appelle même des salariés de l’énergie en grève à les rejoindre.
Le risque pour le gouvernement est donc celui d’une jonction des colères : lycéens + étudiants + enseignants + salariés.
C’est précisément ce que relève Le Monde, qui voit désormais le risque d’une coalition beaucoup plus large autour des revendications sur les moyens, les conditions d’études et Parcoursup.
Mais deux mouvements se superposent
C’est probablement le point essentiel pour comprendre mardi.
D’un côté, il y a une contestation lycéenne réelle portant sur :
- le manque de professeurs ;
- les classes surchargées ;
- l’état des établissements ;
- le manque d’infirmières et de surveillants ;
- Parcoursup ;
- les conditions d’étude ;
- plus largement, la place accordée aux jeunes dans les décisions qui les concernent.
De l’autre, depuis quelques jours, des violences urbaines se greffent sur le mouvement, avec des dégradations et des affrontements impliquant parfois des jeunes extérieurs aux établissements.
Le ministère de la Justice vient d’ailleurs de publier ce lundi un bilan spécifique des violences commises en marge du mouvement et annonce une réponse pénale rapide et ferme.
Le gouvernement tente de reprendre la main
Édouard Geffray a annoncé vouloir une reprise progressive des cours dès mercredi. Il affirme également vouloir travailler sur cinq chantiers concernant notamment la démocratie scolaire, le remplacement des enseignants, l’état des bâtiments et les rythmes scolaires.
Mais cette réponse risque de ne pas suffire mardi.
Car le mouvement a changé de nature : au départ, les lycéens demandaient davantage de moyens ; désormais, une partie d’entre eux conteste aussi la manière dont le pouvoir répond à leur mobilisation.
Pronostic pour mardi
L’acte III devrait être plus politique que les deux précédents.
Le scénario le plus probable est celui d’une forte mobilisation dans les grandes villes, avec des cortèges lycéens renforcés par des étudiants et des adultes, tandis que des blocages continueront dans certains établissements.
Le véritable indicateur ne sera donc pas nécessairement le nombre de lycées bloqués, mais la capacité du mouvement à faire sortir la contestation des établissements scolaires.
Et c’est là que se trouve le risque majeur pour Sébastien Lecornu : si mardi réussit la jonction entre la colère lycéenne et les autres mécontentements sociaux, on ne sera plus seulement face à une crise de l’Éducation nationale.
On pourrait alors entrer dans une crise sociale plus générale, exactement l’angle que nous évoquions hier : de la colère des jeunes à la crise sociale.
🚨 LES BLOCAGES DE LYCÉES REPRENNENT CE LUNDI APRÈS UN WEEK-END DE REPOS !
À Metz, des lycéens ont carrément INSTALLÉ UNE SALLE DE CLASSE DANS LA RUE pour dénoncer le manque de moyens dans l’Éducation 🙏🏻 https://t.co/xvlZOgKx9y
— FRENCHRAPUS 🇺🇸 (@FrenchRapUS) October 5, 2026
🔴 🇫🇷 FRANCE
URGENT Situation très tendue au lycée Clemenceau, à Reims.
Barricades en feu et tensions avec les CRS. À suivre. #Reims #Clemenceau #Blocus #Lycées https://t.co/eagnFE51OF— Geocrises FR (@geocrises) October 5, 2026