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Radiographie de la France rurale (10/12)

L’Association des maires ruraux de France (AMRF) propose quelques initiatives attestant de la dynamique des campagnes autour de sujets de la vie quotidienne. Mais aussi les défis relevés et à relever. Aujourd’hui : le sauvetage de l’École publique.

Le nécessaire maintien de l’école publique (10/12)

Face à des approches purement comptables, les élus agissent pour donner aux enfants des campagnes autant de chances d’avoir accès à une éducation de qualité. Lutter contre la fermeture de classes, c’est bien, mais agir pour la création d’écoles, c’est mieux ! Quand il y en a le besoin, les élus sont là !

 

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Blanquefort-sur-Briolance (47) : Sauvetage de l’école publique grâce à la pédagogie Montessori 

Au cours de l’année 2015, Sophie Gargowitsch, maire de Blanquefort-sur-Briolance, dans le Lot-et-Garonne, apprend qu’une des trois classes de l’école publique de la commune va être fermée.

Pour la sauver, elle va se lancer dans un projet original : la transformer en école Montessori tout en conservant son statut d’école publique.

Un véritable succès

Les maires des communes rurales savent que l’annonce d’une fermeture de classe n’est souvent que la première étape avant une fermeture totale de l’école. Consciente de ce risque, Sophie Gargowitsch, voulait s’engager pour défendre l’établissement de Blanquefort-sur-Briolance. « Pour sauver notre école, où mes deux enfants étaient scolarisés, j’ai décidé de l’ouvrir à la pédagogie Montessori », témoigne-t-elle. Pour autant, pas question qu’elle devienne privée. Afin de faire bouger les choses, la maire n’a pas hésité à passer par des chemins peu conventionnels, au risque de froisser le rectorat. « J’ai réussi à obtenir un rendez-vous au ministère de l’Éducation – à l’époque Najat Vallaud-Belkacem était ministre – pour leur présenter mon projet », explique-t-elle. « Le rectorat nous a fait savoir que l’on ne pouvait pas directement s’adresser au ministère, mais je voulais que ça aille vite », continue Sophie Gargowitsch. Elle ne regrette d’ailleurs pas cette démarche puisque la commune a obtenu un feu vert. Le projet a donc été lancé et en septembre 2016 les élèves ont fait leur première rentrée avec la pédagogie Montessori.

Une nouvelle pédagogie dans une école publique

La maire de Blanquefort-sur-Briolance tenait absolument à inclure les enseignants dans le projet. Tous ont été convaincus par la transformation et ont donc été formés au cours de l’été 2016. Des travaux et des aménagements ont aussi été réalisés pendant cette période. « La pédagogie Montessori est basée sur l’expérimentation de l’enfant, il faut en conséquence du matériel adapté. L’aménagement des salles de classe est aussi différent. Par contre, nous continuons de respecter strictement le programme de l’Éducation nationale », explique Sophie Gargowitsch.

Aujourd’hui, la maire se félicite de la réussite du projet. Elle-même professeure de lycée, elle est satisfaite qu’on laisse plus de place à de nouvelles formes de pédagogie, qui accompagnent les enfants et qui suppriment toutes compétitions entre eux. « Je craignais que les enseignants reçoivent des pressions ou des sanctions, mais ça n’a pas été le cas. Je suis contente que l’on puisse mettre en avant des formes de pédagogie alternatives, d’autant plus que celles-ci existent déjà dans l’Éducation nationale, mais elles sont parfois marginalisées », détaille Sophie Gargowitsch.

Une prise de risque récompensée

« Au début, j’avais peur de la réaction des parents plus que de celle de l’administration. Finalement, je n’ai eu que des retours très positifs, tout le monde était emballé par le projet », confie la maire de Blanquefort-sur-Briolance. Son projet est original puisqu’à l’époque l’école de sa commune était le premier établissement public de France à user de cette pédagogie.

Le succès a été tel que ce qui n’était qu’un moyen de sauver l’école a permis de la développer. De nouvelles personnes sont venus s’installer sur la commune et une quatrième classe a été ouverte en septembre 2018. Aujourd’hui, il y a 80 élèves qui y sont scolarisés.

Des règles strictes ont même été fixées pour éviter de se retrouver en surnombre. « Seuls les enfants qui vivent sur le RPI de l’école sont acceptés », détaille Sophie Gargowitsch qui se dit prête à rencontrer le nouveau ministre de l’Éducation nationale pour lui présenter le travail des enseignants. « Il faut que nous luttions bien plus contre la désertification scolaire pour éviter que nos enfants aient à se déplacer sur des kilomètres pour trouver une école », conclut-elle.

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