Le Gouvernement français a présenté ce 12 février 2026 sa troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), qui définit les orientations stratégiques du pays jusqu’en 2035 et ouvre la voie vers la neutralité carbone en 2050. Cette stratégie s’articule autour de trois axes majeurs : renforcer la souveraineté énergétique, atteindre la neutralité carbone et garantir des prix compétitifs.

Une démarche concertée et réaliste
Élaborée depuis 2022 en concertation avec les parlementaires, les professionnels du secteur et les élus locaux, la PPE3 s’appuie sur les débats parlementaires de 2025 et les derniers scénarios de RTE publiés en décembre 2025. Elle intègre les évolutions récentes de la consommation électrique et l’objectif d’électrification massive des usages d’ici 2030-2035.
Conforme à la Stratégie Nationale Bas Carbone, aux engagements européens et à l’Accord de Paris, ce plan se veut à la fois ambitieux et adaptable aux réalités du terrain.
Des objectifs chiffrés pour 2035
La PPE3 vise à porter la production d’électricité décarbonée entre 650 et 693 TWh en 2035, contre 458 TWh en 2023. Parallèlement, la consommation d’énergies fossiles devra chuter à environ 330 TWh, contre 900 TWh actuellement. Cette transformation permettra d’atteindre 60 % d’énergie décarbonée dès 2030, puis 70 % en 2035.
Pour y parvenir, un plan national d’électrification sera lancé dès février 2026, ciblant l’industrie, le bâtiment, les transports et le numérique, avec une demande électrique estimée à 618 TWh en 2035.
Un mix énergétique diversifié
La stratégie repose sur une combinaison équilibrée de sources d’énergie :
Nucléaire : relance avec la construction de six EPR2 (mise en service prévue à partir de 2038), option pour huit réacteurs supplémentaires, prolongation des 57 réacteurs existants et optimisation du parc pour atteindre 380 TWh dès 2030.
Hydroélectricité : renforcement de cette filière souveraine avec une augmentation de 2,8 GW des capacités (+11%), dont 640 MW sur les concessions existantes.
Éolien en mer : poursuite du développement avec un objectif de 15 GW en 2035, tenant compte des réalités industrielles et des infrastructures nécessaires.
Énergies renouvelables terrestres : développement maîtrisé du photovoltaïque (48 GW en 2030, 55-80 GW en 2035) et de l’éolien terrestre (31 GW en 2030, 35-40 GW en 2035), avec priorité donnée à la remotorisation des parcs existants.
Énergies décarbonées non électriques : développement de la chaleur renouvelable (328-421 TWh en 2035), du biométhane (47-82 TWh), des biocarburants (70-90 TWh) et de l’hydrogène (jusqu’à 8 GW).
Flexibilité et retombées économiques
Pour la première fois, une clause de révision est prévue en 2027, permettant d’ajuster la trajectoire si nécessaire. Des discussions spécifiques seront engagées pour les territoires non interconnectés, notamment la Corse et l’outre-mer.
La mise en œuvre de la PPE3 créera plus de 120 000 emplois d’ici 2030, principalement dans le nucléaire, le photovoltaïque et l’éolien maritime. Elle réduira également la facture d’importation d’énergies fossiles, qui pèse actuellement près de 60 milliards d’euros par an. Enfin, le soutien public aux énergies renouvelables sera progressivement réduit de moitié d’ici 2040, garantissant une maîtrise des finances publiques.
La publication de la PPE 3 va faire exploser le prix de l’électricité.
Ce décret ne fait qu’obéir aux intérêts économiques allemands qui veulent saborder notre atout nucléaire et aux lobbys des énergies renouvelables qui se gavent d’argent public.– La multiplication des… pic.twitter.com/CKeByQsZeL
— N. Dupont-Aignan (@dupontaignan) February 12, 2026
💥Le non sens du PPE expliqué en 2 min par cet ex président et fondateur de RTE, M.Merlin parlant au nom d’un collectif d’experts énergétiques :
➡️Ils dénoncent le développement à marche forcée des éoliennes et des panneaux solaires qui amène dans une voie sans issue en matière… pic.twitter.com/x6GPsUf0lt— 🇫🇷 fred le gaulois 🇫🇷 Uniondesdroites 🐱🐱 (@FredGaulois) February 11, 2026