Dans un courrier qu’elle lui a adressé, la Fédération Vent de colère ! que préside Bruno Ladsous, demande au Premier ministre de ne pas développer les énergies intermittentes prévues dans le futur décret du Programme Pluriannuel de l’Énergie (PPE3). Voici pourquoi.

Après trois ans d’attente, le Premier ministre Sébastien Lecornu assure que la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) va enfin être publiée. Il s’agit de fixer — par décret – les grandes lignes du mix énergétique français 2025-2035 : relance du nucléaire, développement des renouvelables et modernisation des infrastructures existantes. Pourtant, ce décret ne satisfait pas tout le monde.
La Fédération Nationale Vent de Colère ! que préside Bruno Ladsous, rappelle au Premier ministre dans un récent courrier, que le projet de décret PPE3 entend multiplier par 3 d’ici à 2035 la puissance totale installée en éolien terrestre, éolien en mer, et photovoltaïque, dont l’expérience démontre qu’il en résultera inévitablement quatre effets :
- Doubler encore le prix de l’électricité, qui a déjà doublé depuis 2015.
- Déstabiliser notre système électrique.
- Détruire davantage les écosystèmes.
- Massacrer nos paysages ruraux et côtiers.

Elle lui rappelle aussi la nécessité morale, économique et politique de tenir compte des projets dans-les-tuyaux éoliens et solaires-PV dans ses » objectifs de développement de la production d’électricité renouvelable » chiffrés qu’annoncerait le décret :
— En clarifiant explicitement que ces chiffres (ou leur fourchette haute en cas d’une présentation en fourchette) constitueront pour chaque source citée un plafond.
— Plutôt que de faire semblant de ne pas avoir aperçu la masse considérable de ces projets dans-les-tuyaux.
Les projets dans-les-tuyaux, quels sont les chiffres ?
- Les organismes dépendant de l’État (RTE, CRE) les évaluent à 48 GW, ce qui n’est déjà pas rien, puisque cela s’ajoute aux 49 GW déjà en service, total 97 GW
Encore n’ont-ils la vision que sur leur propre périmètre (files d’attente de raccordement, appels d’offres, CRE), et ils reconnaissent que nombreux sont les opérateurs qui déposent des projets en préfectures sans avoir sollicité une convention de raccordement. Le rythme actuel de dépôt est de 3 à 5 GW par trimestre. - En tenant bien compte de tout, soigneusement, voici ce que cela pourrait nous donner en 2035 :
Nota : le dépôt des projets éoliens en mer passe par une procédure spécifique
Clairement, on n’aura pas besoin de tout cela à horizon 2035, même en admettant un début d’électrification des usages de l’énergie.
Le libéralisme, ce n’est pas de laisser-faire sans encadrer. Quand on se fixe des objectifs, on doit ouvrir les vannes juste ce qu’il faut pour qu’ils soient atteints, en se réservant la possibilité de fermer les vannes.
Le Premier ministre serait donc bien avisé de commander une mission officielle pour éclairer ce sujet, puis d’en retirer les enseignements nécessaires en complétant son décret : ce serait une porte de sortie honorable. »
Courrier Fédération Vent de Colère au Premier ministre