Les policiers obtiennent gain de cause

En l’espace de deux jours, l’intersyndicale de la police a gagné son bras de fer avec le ministère de l’Intérieur qui accède à leurs revendications.

Belle victoire pour les syndicats de policiers. (affiche du tract)
Belle victoire pour les syndicats de policiers. (affiche du tract)

Ils ont bien joué. Sans donner le moindre coup de matraque, sans manifester dans la rue ou sur les ronds-points comme les Gilets jaunes, les policiers de l’intersyndicale UNSA, Alliance et SGP-Police FO ont obtenu gain de cause. Après 48 heures des négociations tendues avec Christophe Castaner et son lieutenant Laurent Nunez, les principaux syndicats de policiers pouvaient savourer leur victoire.
Il est vrai que les forces de l’ordre n’ont pas chômé depuis deux mois que durent les manifestations des Gilets jaunes. Mobilisés 24 heures/24, en première ligne face aux casseurs souvent violents, ils étaient épuisés et réclamaient une juste reconnaissance de leur difficile travail. La prime de 300 € proposée par le gouvernement leur a semblé dérisoire face à l’ensemble de leurs revendications. Ils ont donc menacé de faire la grève du zèle.

275 M€ pour les heures sup

Finalement après des heures de discussion, avec le ministre Christophe Castaner et le secrétaire d’Etat Laurent Nunez, les policiers ont « obtenu de réelles avancées » comme le souligne le secrétaire général du syndicat UNSA-Police, Philippe Capon. Et notamment :
-40 € d’allocation de maîtrise en janvier 2019 (soit une augmentation moyenne de 120 € pour les gardiens de la Paix en début de carrière)
-30 € d’allocation de maîtrise en juillet 2019
-30 € d’allocation de maîtrise en janvier 2020
-1% d’ISSP au 1er janvier 2019
-0,5% d’ISSP au 1er janvier 2020
En outre, des négociations vont démarrer dès janvier 2019 pour traiter « les sujets de fond » concernant, notamment, les conditions de travail, le temps de travail, les modalités de règlement du stock des heures supplémentaires (environ 24 millions cumulées depuis plusieurs années, représentant 275 M€ que l’Etat doit aux policiers) et la gestion de leur flux.
L’UNSA, Alliance et SGP-Police FO avaient donc de bonnes raisons d’être satisfaits.