France

17 novembre : Les raisons de la colère

Les Gilets jaunes seront vraisemblablement très nombreux, ce samedi 17  novembre 2018 à bloquer les routes et les autoroutes pour protester contre la hausse du prix des carburants, notamment. La France d’en-bas ne supporte plus celle d’en-haut. Et cela pourrait mal tourner.

Le mouvement des Gilets jaunes veut bloquer les infrastructures routières. (capture Facebook)
Le mouvement des Gilets jaunes veut bloquer les infrastructures routières. (capture Facebook)

Même si le prix des carburants à la pompe baissait un peu dans les heures qui viennent, même si le gouvernement annonçait des mesures incitatives pour aider les automobilistes à supporter la hausse excessive du gazole, même si Emmanuel Macron promettait la lune aux Français, plus rien ne pourrait empêcher les Gilets jaunes de bloquer le pays, ce samedi 17 novembre 2018.
Parce que le mouvement de colère n’est pas venu d’un homme ou d’une femme politique, encore moins d’un parti, de droite ou de gauche mais d’un ras-le-bol généralisé des Français. Il s’est nourri peu à peu de rancœurs et de misères insupportables. Des jeunes qui triment du matin au soir pour un salaire de misère, des petits retraités considérés comme des nantis, des travailleurs qui sont pressés comme des citrons par des patrons souvent dédaigneux, des gagne-petit, des étudiants précaires, des chômeurs… Bref, cette France d’en-bas qui n’en peut plus des augmentations du carburant, mais aussi des assurances, des loyers, du gaz, de l’électricité, des péages, de la nourriture… quand, dans le même temps, la France d’en-haut se goinfre, gagne toujours plus, étale sa richesse, ses belles voitures, ses belles maisons…

Le diable par la queue

Certes, la piscine du président au Fort de Brégançon ne représente rien dans le budget de l’État, certes la vaisselle dorée de l’Élysée achetée à la manufacture de Sèvres n’est-elle qu’anecdotique. Il n’empêche. Ces dépenses somptuaires sont mal comprises par ceux qui, faute de moyens, ne prennent qu’un repas par jour, ne se chauffent plus, ne peuvent plus payer leurs factures. Cette France d’en-bas qui souffre, ne voit plus d’avenir pour ses enfants, ne supporte plus d’être méprisée par un président jupitérien et donneur de leçons. La baisse de l’ISF, le «pognon de dingue» des minima sociaux, bref, ces « pauvres qui restent pauvres » ne passe pas chez « les fumeurs de clopes qui roulent au diesel« .
Pas besoin de chiffres ni de grands discours. Ils le voient bien que les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. Ils sont près de 10 millions à tirer le diable par la queue, quand la fin de mois commence le 15, ou même avant, à se serrer la ceinture comme jamais cela ne s’était produit dans notre pays depuis la dernière guerre. Dix millions de Français, à vivre dans des conditions précaires, parfois insalubres, à aller chercher de quoi manger pour les enfants aux Restos du Cœur ou au Secours Populaire.
Alors oui, ils en ont ras-le-bol de cette augmentation du gazole qui est la petit goutte d’essence qui risque de mettre le feu à tout le bazar. Rien à faire d’un Castaner et ses coups de menton imbéciles, ses menace inutiles à ceux qui auraient décidé d’entraver la circulation. Ils iront sur les routes, les autoroutes, les ronds-points, ils bloqueront les villes, les dépôts de carburants, les entreprises avec leurs tracteurs, leurs camions, leurs voitures pour dire stop! Stop aux augmentations sans fin. Stop à la dèche qui n’en finit pas. Pour les mêmes, toujours les mêmes.
On les reconnaîtra : ils porteront un gilet jaune.

E.L.

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