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Gazole : ça va mal finir

La colère contre l’envolée des prix de l’essence et surtout du gazole pourrait mal tourner le 17 novembre 2019, journée de mobilisation et de blocage des routes et autoroutes.

Le prix des carburants en 2022 proche des 2 € le litre (40 millions d'automobilistes)
Le prix des carburants en 2022 proche des 2 € le litre (40 millions d’automobilistes)

Ras-le-bol des augmentations du prix des carburants ! En un an, le diesel à la pompe a augmenté de 23% et de 14% pour l’essence. Et ce n’est pas fini. En 2019, le gouvernement d’Edouard Philippe annonce de nouvelles augmentations de 6 centimes par litre pour le diesel et de 3 centimes pour l’essence. Et ça va encore continuer, jusqu’en 2022. De quoi dégouter tous ceux qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler. Mais aussi tous ceux qui utilisent le fioul pour se chauffer ou encore les entreprises de transport, de BTP etc. dont les charges vont vite devenir insupportables. Trop, c’est trop.

La TICPE

La faute à qui ? A l’augmentation du prix du baril, certes, passé de 60 à 80 € en l’espace de quelques mois. Mais aussi à ces fameuses taxes. La principale est la TICPE (Taxe Intérieure sur la Consommation de Produits Energétiques) qui représente la quatrième recette fiscale de l’Etat. Elle intègre désormais la taxe carbone destinée à inciter les automobilistes à choisir des solutions plus écologique. S’y ajoute la TVA. Au total, l’ensemble des taxes représentent plus de la moitié du prix des carburants.

« On va se faire entendre »

Les prix ne cessent d'augmenter
Lex prix ne cessent d’augmenter (DR)

La colère s’exprime chaque jour à la pompe. « C’est du racket » affirme Julien, un automobiliste lorrain en faisant le plein de son réservoir. « Moi, j’habite dans un petit village, sans école, sans commerces, sans médecin. J’ai besoin de ma voiture tous les jours. En outre, j’ai une chaudière au fioul. J’en ai marre de ces augmentations sous prétexte d’écologie. On va crever avant la planète ! Oui, j’irai manifester le 17 novembre. On va se faire entendre, croyez-moi. »
Véronique, une vosgienne, effectue 180 km par jour pour aller et revenir de son travail. Son budget carburant explose. « J’en ai marre, dit-elle. Bientôt ça ne vaudra plus le coup d’aller travailler. » Ira-t-elle manifester le 17 novembre ? « Non, tout sera bloqué, je resterai chez moi. Mais je sais désormais comment je vais voter… »

Pétitions

Sur internet et sur les réseaux sociaux, les commentaires s’enflamment. Une automobiliste, Priscillia Ludosky, a pris l’initiative de lancer une pétition visant à recueillir 500.000 signatures. « Il est tout à fait honorable que nous cherchions des solutions pour circuler en polluant le moins possible notre environnement, explique la pétitionnaire. Mais la hausse des taxes imposée par le gouvernement n’est pas la solution ! »
Une autre pétition adressée à Emmanuel Macron est plus directe : « Marre du prix du gazole qui monte ! Le litre était à 0.97ct en janvier 2016 !! Et maintenant il monte jusqu’à 1.75 ! C’est une honte compte tenu de toutes les taxes qui vont directement dans les poches de l’Etat soit environ 60 %. Marre de payer la vaisselle de l’Elysée à des prix exorbitants…Marre d’être des vaches à lait. On veut une baisse de 50 centimes sur le litre de gazole ! »
Un peu partout la pression monte. Jusqu’au 17 novembre 2019. Les routes et les autoroutes pourraient être bloquées. La colère est si forte contre la hausse des prix du carburant, le malaise des Français si profond à l’égard de la classe politique, que cette journée de protestation pourrait être le début d’une révolte plus durable.

Emilien Lacombe

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