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Stellantis relance le thermique : le retour du pragmatisme automobile

C’est un virage discret, mais majeur dans l’industrie automobile européenne. Le groupe Stellantis, longtemps engagé dans une stratégie de bascule rapide vers le tout-électrique, amorce désormais un retour assumé aux motorisations thermiques. Enfin !

Stellantis à Metz-Trémery (Photo Trémery)
Stellantis à Metz-Trémery (Photo Trémery)

Sous l’impulsion de son nouveau directeur général Antonio Filosa, le constructeur adopte une approche plus pragmatique fondée sur la coexistence des technologies. Essence, diesel, hybride et électrique sont désormais appelés à cohabiter durablement dans la gamme.

Nécessaire adaptation au marché

Cette inflexion stratégique répond d’abord à une réalité commerciale. Après plusieurs années de croissance rapide, les ventes de véhicules électriques marquent le pas en Europe, pénalisées par la baisse des aides publiques et des prix encore élevés. Dans le même temps, certains usages — longs trajets, véhicules utilitaires ou besoins professionnels — restent difficilement compatibles avec le 100 % électrique.
Stellantis a ainsi décidé de relancer des versions diesel de plusieurs modèles destinés au marché européen, tout en modernisant certains moteurs essence pour les rendre conformes aux futures normes Euro 7. Le groupe insiste toutefois sur le maintien de ses investissements dans l’électrique, affirmant vouloir proposer « le bon produit, avec la bonne énergie, au bon moment ».

Impératif industriel et financier

Ce repositionnement s’inscrit aussi dans un contexte réglementaire en évolution. L’Union européenne a récemment ouvert la voie à davantage de flexibilité dans la transition vers le zéro émission, en réintroduisant le principe de neutralité technologique.
Enfin, ce retour du thermique répond à un impératif industriel et financier. Face à une concurrence chinoise très offensive sur l’électrique et après avoir enregistré d’importantes charges liées à l’ajustement de ses plans, Stellantis cherche à sécuriser ses volumes et la rentabilité de ses sites.
Plus qu’un renoncement à l’électrique, ce mouvement illustre une nouvelle doctrine : la transition ne sera pas linéaire. Et dans l’automobile, le moteur thermique pourrait bien rester un acteur clé de la décennie à venir.

 

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