Attaque terroriste à la prison de Condé-sur-Sarthe

Deux surveillants de prison ont été grièvement blessés par un détenu radicalisé dont l’épouse a été tuée pendant l’assaut du Raid. La situation est explosive dans les prisons. FO-Pénitentiaire appelle à la grève dès ce mercredi 6 mars 2019.

La maison d'arrêt de Condé-sur-Sarthe est considérée comme l'une des plus sûres de France (capture Euro News)
La maison d’arrêt de Condé-sur-Sarthe est considérée comme l’une des plus sûres de France (capture Euro News)

Nouveau drame dans une prison française. Ce mardi 5 mars, vers 9 h 30, un détenu radicalisé, Michaël Chiolo, âgé de 27 ans, a agressé deux surveillants de la maison centrale d’Alençon-Condé-sur-Sarthe (Orne) alors qu’il se trouvait dans une unité de vie familiale (UVF) avec son épouse. L’individu a utilisé  un couteau en céramique pour porter de violents coups aux deux surveillants avant de se retrancher dans cette partie de la prison qui est une sorte de parloir équipé d’un coin cuisine où les détenus peuvent recevoir leur famille.
Que s’est-il vraiment passé vers 9 h 50 ? Plusieurs versions diffèrent. Selon une source syndicale, les surveillants auraient été agressés alors qu’ils venaient informer Chiolo de la fin de son placement en UVF. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a expliqué au cours d’un point presse, que les deux surveillants auraient été appelés par le détenu. Enfin, selon d’autres sources, l’épouse de Chiolo aurait simulé un malaise pour attirer les deux surveillants et c’est elle-même qui aurait porté les premiers coups de couteau.

Pour venger Chérif Chekatt

Puis il y a eu d’autres coups de couteau portés avec une grande violence. Au point que l’unité de vie familiale ressemblait  » à un champ de bataille…avec beaucoup de sang partout » selon plusieurs témoins. En effet, l’un des surveillants a été blessé à l’abdomen, l’autre au visage et dans le dos. Tous deux ont été opérés et l’on apprenait en soirée que leurs jours n »étaient plus en danger.
Plusieurs unités des forces de l’ordre ont été mobilisées pour tenter de maîtriser le forcené qui tenait sa femme en otage. Il prétendait avoir une ceinture d’explosifs susceptible de provoquer de gros dégâts.
Finalement, en fin d’après-midi, le Raid a donné l’assaut. Chiolo a été interpellé mais son épouse a été mortellement blessée au cours de l’opération.
Selon le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, le détenu aurait expliqué qu’il voulait « venger Chérif Chekatt », l’auteur de l’attentat de Strasbourg en décembre 2018. En effet, Michaël Chiolo et Chérif Chekatt se sont rencontrés en prison par le passé. « Les deux hommes ont passé 175 jours de détention ensemble, puis ont continué à correspondre par courrier », selon les informations de France Télévisions.

Condamné à Nancy

Originaire de Saint-Avold, en Moselle, Michaël Chiolo a été condamné en 2015 avec un complice mosellan par la cour d’appel de Nancy à 30 ans de réclusion pour « arrestation, séquestration suivie de mort et vol avec arme ». Ils étaient poursuivis pour avoir tué un homme de 89 ans à son domicile de Montigny-lès-Metz en 2012. Le vieil homme avait été ligoté sur sur lit et emballé dans des bandelettes de tissu pendant que les deux voleurs cambriolaient son appartement. Le vieil homme était mort étouffé.
Chiolo a également été condamné à un an de prison pour apologie publique d’acte de terrorisme.
Michaël Chiolo a été détenu dans différents établissements pénitentiaires mais comme il est connu pour sa dangerosité, il a été placé à la maison centrale de Condé-sur-Sarthe « car c’est l’un des deux établissements les plus sécurisés de France » selon la ministre de la Justice.
Il était libérable en 2038.

FO Pénitentiaire appelle à la grève

FO-Pénitentiaire appelle à la grève après l'attaque terroriste de Condé-sur-Sarthe
FO-Pénitentiaire appelle à la grève après l’attaque terroriste de Condé-sur-Sarthe

Dans un communiqué, FO Pénitentiaire en appelle à un sursaut de tous les personnels de l’Administration Pénitentiaire !

« OSNY, VENDIN LE VIEIL, BORGO ET MAINTENANT ALENCON CONDE SUR SARTHE…, autant d’établissements que d’événements graves perpétrés dans les établissements pénitentiaires, qui ne font que banaliser auprès du ministère de la justice toutes les agressions et l’insécurité qui règnent au quotidien dans toutes les prisons métropolitaines et d’outre-mer ! écrit le syndicat majoritaire des surveillants de prison.
C’est pourquoi face à ce nouvel acte ignoble, FO Pénitentiaire en appelle à la responsabilité de toutes les organisations professionnelles afin de s’unir et de parler d’une seule et même voix ! »
Le syndicat ajoute :  » Dans la continuité de notre combat sur le plan indemnitaire et statutaire, FO Pénitentiaire rappelle ses revendications en matière de sécurité qui n’ont pas changé depuis Janvier 2018 : Une réforme portant sur la sécurité des Personnels. C’est dire :

– Classification des établissements permettant l’orientation ciblée des détenus,

– Renfort des effectifs et comblement des organigrammes,

– Formation initiale maintenue à 8 mois et formation continue adaptée à la prise en charge des profils de détenus

– Réforme législative quant à la sécurité et la prise en charge des détenus,

– Équipement des Quartiers Spécifiques par des tenues pare-coups, Pistolet à Impulsions Électriques, cellules dotées de passe-menottes…

– Dotation en équipements adaptés aux Personnels participant aux missions extérieures,

– Développement des brigades cyno-techniques.

Une revalorisation du statut et des salaires de manière significative :

– Augmentation de l’ICP à 2000€,

– PSS à 30%,

– Augmentation à 50€ du forfait de la prime de nuit, de la prime de dimanche et jour férié,

– Catégorie B pour tous les Personnels du Corps d’Encadrement et d’Application,

– Catégorie A pour tous les Personnels du Corps de Commandement (Abrogation du plan de requalification),

– Fusion des grades de Surveillant Principal et Surveillant Brigadier / 1er Surveillant et Major / Lieutenant et Capitaine