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Nancy : Gros malaise à la Polyclinique Majorelle

Les infirmières et sages-femmes de la Polyclinique Majorelle de Nancy (Meurthe-et-Moselle) entrent en grève illimitée à l’appel de la CGT, à compter de ce lundi 3 janvier 2022.

Polyclinique Majorelle (DR)
Polyclinique Majorelle (DR)

Gros malaise à la clinique Majorelle de Nancy. « Le dialogue est rompu avec la direction » explique Samia Aggoune, sage-femme et déléguée syndicale CGT.  » La colère est grande et touche plusieurs catégories de professionnels : sages-femmes, infirmières, aides-soignantes, personnels administratifs…!!! Mais ce qui a fait déborder le vase, c’est la réquisition de certains personnels par les gendarmes en plein réveillon. On n’avait jamais vu ça! »
Dans un communiqué, la déléguée syndicale ajoute : « Alors que le groupe Elsan, propriétaire de la Polyclinique Majorelle, investit actuellement près de 200 millions d’euros dans la construction d’une clinique dernier cri à Maizières-lès-Metz (Moselle) et d’un nouveau bâtiment sur le site de la clinique de Gentilly à Nancy, il s’obstine depuis des semaines à refuser de satisfaire les demandes légitimes de leurs salariés. »

Revendications salariales

Les aides-soignants et infirmières du secteur chirurgie seront en grève dès ce lundi. Elles demandent à travailler en binôme pour 12 à 14 patients contre une vingtaine actuellement. « Elles n’en peuvent plus, poursuit Samia Aggoune. Elles sont épuisées. D’autant que le salaire ne suit pas. Voilà pourquoi il y a un problème d’effectifs. Elles réclament une rallonge de 300 € et des effectifs supplémentaires.
Lors du dernier Comité Social et Économique, « la Direction de la clinique a refusé d’entendre les revendications portées par la déléguée syndicale CGT, traduisant pourtant sans ambiguïté la souffrance et l’épuisement professionnel ainsi qu’une forte attente de revalorisation salariale et d’embauches supplémentaires notamment en chirurgie.
La Direction de la Polyclinique est même revenue sur un précédent accord en réduisant le 13ᵉ mois des personnels malades, et ce, malgré cette période de crise sanitaire sans précédent !
C’est indéfendable pour les salariés et la CGT qui les soutient et a déposé, en toute responsabilité et en avance, un préavis de grève le 24 décembre dernier avec date de début au 3 janvier 2022.

De gros écarts de salaires

Autre profession en colère : les sages-femmes. Elles sont une trentaine à la Polyclinique Majorelle de Nancy. Environ 2200 dans toute la France, salariées d’établissements privés. Les sages-femmes de Majorelle se mobilisent pour la 2ᵉ année consécutive et engagent ce 3 janvier 2022 un mouvement de grève illimité en réponse à la mobilisation nationale inédite des sages-femmes des maternités privées.
38 établissements ont d’ores-et-déjà répondu à ce mot d’ordre national sur les 110 maternités privées rattachées à la FHP (Fédération des cliniques et hôpitaux privés de France).
Ce mouvement national vise à obtenir la revalorisation de cette convention collective, largement défavorable : les sages-femmes du privé bénéficient en effet de salaires bien inférieurs à leurs consœurs du secteur public. Cette revendication s’inscrit dans un contexte où les hôpitaux et cliniques privées ont d’importantes difficultés à recruter des sages-femmes.
Alors que le gouvernement a étendu la durée de formation des sages-femmes de 5 à 6 ans, (protocole du 22/09/2021), celles-ci conservent un statut « d’agent de maitrise » selon la convention FHP. Leurs grilles indiciaires évoluent extrêmement lentement au regard du public. Les primes accordées par l’État dans le cadre du Ségur de la santé (non garanties dans le temps) ne doivent pas faire l’économie d’une révision de la convention collective FHP !
Les sage-femmes exercent une profession médicale aujourd’hui malmenée et déconsidérée, au préjudice des femmes, des familles et du budget de la sécurité sociale.

Courrier le 24 décembre 2021

« Nous avons adressé deux courriers à M. Lamine Gharbi, président de la fédération hospitalière privée, rappelle Samia Aggoune. C’était le 26 novembre 2021. Nous demandions une revalorisation salariales et une grille de cadres B. ce courrier, signé par de nombreuses sages-femmes a été ignoré. Nous lui avons adressé un deuxième courrier le 24 décembre 2021 en lui demandant un changement de statut pour qu’il soit comparable à celui des sages-femmes du public. Nous avons utilisé une signature collective, au nom des 2200 sages-femmes des établissements privés de France. La réponse de M. Gharbi a été méprisante. « Qui signe ? Lettre anonyme. Aucune valeur à mes yeux ». Cela nous a blessées !, reconnaît la syndicaliste.

Dialogue rompu

Que ce soit concernant les sages-femmes ou les autres catégories professionnelles, la FHP tout comme la direction de la Polyclinique Majorelle et le groupe ELSAN refusent tout dialogue. « Pire, la direction de la Polyclinique Majorelle a engagé vendredi 31 décembre 2021 la réquisition des personnels sans entamer la moindre négociation et demandé au préfet la réquisition des sages-femmes, souligne Samia Aggoune. Des gendarmes et des policiers se sont donc déplacés pendant le réveillon de la Saint-Sylvestre et le jour de l’An au domicile de salariés non-grévistes ou non encore déclarés grévistes, afin de leur notifier leur réquisition. S’agit-il de méthodes acceptables ?
Il appartient maintenant à la Direction de la clinique de revenir vers les salariés avec des propositions chiffrées à la hauteur des enjeux ! Un cahier revendicatif sera déposé par la CGT à la Direction le 3 janvier en début d’après-midi. »

Un piquet de grève est prévu ce lundi 3 janvier à 13 h 00 devant la Polyclinique Majorelle.

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