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Moyen-Orient : mauvaise passe pour Trump

Démission fracassante au sommet de l’antiterrorisme américain et tensions avec les alliés occidentaux sont des mauvais signaux pour le président américain et son allié israélien. « Attaquer l’Iran n’était pas une bonne chose » reconnaît aujourd’hui Donald Trump.

Trump et Nétanhiau ( U.S. Embassy Tel Aviv, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons)
Trump et Nétanhiau (U.S. Embassy Tel Aviv, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons)

La guerre déclenchée contre l’Iran provoque ses premières secousses politiques à Washington. Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC), a annoncé mardi sa démission, dénonçant une intervention militaire qu’il juge injustifiée. Une prise de position rarissime à ce niveau de l’appareil sécuritaire américain, qui révèle des fractures croissantes au sein de l’administration.

Une démission pour « raison de conscience »

Dans une lettre adressée au président Donald Trump et rendue publique sur le réseau X, Joseph Kent affirme ne plus pouvoir soutenir l’action militaire en cours. « Je ne peux, en toute conscience, soutenir la guerre qui se déroule actuellement en Iran. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation », écrit-il.
L’ancien haut responsable va plus loin, évoquant des pressions extérieures ayant conduit à l’escalade militaire — des accusations immédiatement rejetées par la Maison-Blanche.
Âgé de 45 ans, Kent avait été nommé en 2025 par Donald Trump à la tête du NCTC, où il coordonnait l’analyse des menaces terroristes et conseillait directement le président. Son parcours personnel, marqué par la mort de son épouse Shannon Kent dans un attentat en Syrie en 2019, avait contribué à en faire une figure respectée du contre-terrorisme américain.

Réaction virulente de Trump

Donald Trump a rapidement réagi, adoptant un ton particulièrement sévère : « Très faible en matière de sécurité […] sa démission est une bonne chose » dit-il.
La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a de son côté dénoncé des « allégations fausses », qualifiant d’« insultante et risible » toute idée d’influence extérieure dans la décision d’entrer en guerre.
Cette rupture publique souligne les divisions internes au sein de l’exécutif américain, alors que l’opération militaire contre l’Iran continue de susciter interrogations et critiques, y compris dans certains cercles de sécurité nationale.

L’OTAN dans le collimateur de Washington

Dans le même temps, Donald Trump a accentué la pression sur les alliés occidentaux, visant directement OTAN. Le président américain reproche à plusieurs États membres leur refus de participer à une opération de sécurisation du détroit d’Ormuz, axe vital pour le commerce mondial, actuellement perturbé par les tensions avec l’Iran. « Nous n’avons pas besoin d’eux, mais ils auraient dû être là », a-t-il déclaré, évoquant un « test » manqué pour l’Alliance.
Cette sortie intervient dans un contexte de relations déjà tendues entre Washington et ses partenaires européens, notamment depuis les désaccords sur les engagements militaires récents.

La France prône la retenue

Côté européen, la prudence domine. Le président Emmanuel Macron a réaffirmé que la France n’était « pas partie prenante » au conflit.
Paris exclut toute participation à des opérations militaires dans l’immédiat, en raison de l’intensité des bombardements. En revanche, la France pourrait envisager, à terme, des missions d’escorte maritime dans le détroit d’Ormuz — à condition d’une désescalade et après coordination diplomatique avec Téhéran.

Une crise aux multiples ramifications

La démission de Joseph Kent, première à ce niveau depuis le début du conflit, pourrait marquer un tournant politique. Elle met en lumière :

  • des divergences internes au sein de l’administration américaine,
  • une fracture croissante avec les alliés de l’OTAN,
  • et une inquiétude internationale face à l’escalade au Moyen-Orient.

Alors que les opérations militaires se poursuivent, la question de leur légitimité et de leurs conséquences stratégiques s’impose désormais au cœur du débat politique, aux États-Unis comme en Europe.
D’autant que l’Iran ne faiblit pas et rend coup pour coup aux assauts israélo-américains. Simple erreur de calcul : l’Iran n’est pas Gaza et sa puissance de feu met ses adversaires en difficulté.

 

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