Le second tour des municipales dans les trois plus grandes villes de France offre des stratégies politiques diamétralement opposées.

À Paris, une triangulaire
Au premier tour, Emmanuel Grégoire (PS) est arrivé largement devant Rachida Dati (LR-Modem). Après 48 heures de tractations et sous la pression de sa famille politique, Pierre-Yves Bournazel (Horizons/Renaissance) a fusionné sa liste avec celle de Rachida Dati et annoncé son retrait de la course à l’Hôtel de Ville. Sarah Knafo (Reconquête), qualifiée de justesse, avait appelé Dati à accepter sa « main tendue ». Finalement, elle se retire de la course pour ne pas favoriser, indirectement, la liste de gauche.
Emmanuel Grégoire maintient ses dix points d’avance sur Rachida Dati et écarte toute fusion avec LFI. Pas d’alliance avec Sophia Chikirou qui se maintient et prend le risque de faire passer la liste de droite.
À Lyon : un duel
Au premier tour, le maire sortant Grégory Doucet (Les Écologistes) est arrivé légèrement devant Jean-Michel Aulas (LR-Renaissance-Horizons), avec 37,36 % contre 36,78 %.
La liste de Grégory Doucet a annoncé être rejointe par celle de la candidate insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi pour le second tour. Comme annoncé avant même le premier tour, Doucet a confirmé avoir été « rejoint » par LFI : « Le rassemblement s’élargit. En responsabilité, les listes de La France insoumise ont, comme ailleurs, rejoint cette dynamique. » Cet accord fait désormais de Grégory Doucet le favori d’un point de vue arithmétique. En réponse, Jean-Michel Aulas a indiqué qu’il refuserait de débattre avec Grégory Doucet en cas d’alliance avec les insoumis. Ça promet.
À Marseille : le RN en embuscade
La situation est la plus tendue. Benoît Payan obtient 36,70 % des voix au premier tour, devant Franck Allisio (RN) à 35,02 %, Martine Vassal (LR) à 12,41 % et Sébastien Delogu (LFI) à 11,94 %.
Payan refuse toute alliance avec LFI : Le maire sortant a déposé sa propre liste pour le second tour, fermant définitivement la porte à une alliance avec LFI, affirmant qu’il n’était « pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit ».
Finalement, ce mardi 17 mars, le candidat LFI Sébastien Delogu, arrivé en quatrième position, a annoncé le retrait de sa liste face au « risque » d’une victoire du RN. Il n’a pas appelé explicitement à voter pour Benoît Payan.
La droite se maintient : Martine Vassal (LR/centre) a confirmé qu’elle serait « au rendez-vous du second tour », rendant la configuration finale une triangulaire entre Payan, Allisio (RN) et Vassal.
Du côté du RN : Franck Allisio avait appelé Martine Vassal à le « rejoindre » pour le second tour, ce qu’elle a refusé.
💬 »Nous prenons la décision de retirer notre liste et de ne pas participer au pari inconséquent de Benoît Payan »
➡️Sébastien Delogu candidat LFI à la Mairie de Marseille se retire du second tour #BFM2 pic.twitter.com/DNhAq8Pz44
— BFM (@BFMTV) March 17, 2026
Maintenant que nous sommes unis la dynamique est lancée.
Emmanuel Grégoire et ses alliés de la gauche radicale n’ont plus de réserve de voix.
Je demande aux Parisiens de se mobiliser pour qu’on gagne! pic.twitter.com/0PLlWRUpeq— Rachida Dati ن (@datirachida) March 17, 2026