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BRICS : à New Delhi, la Russie affiche son isolement diplomatique face à l’Ukraine

Réuni ce week-end pour son 18ᵉ sommet, le bloc des BRICS a trouvé une position commune sur le Moyen-Orient, mais reste muet sur la guerre en Ukraine, un silence qui profite à Moscou.

Photo de famille des dirigeants des Brics en marge du 10e Sommet des BRICS (Flickr)
Photo de famille des dirigeants des Brics en marge du 10e Sommet des BRICS (Flickr)

Vladimir Poutine, Xi Jinping et le président iranien Massoud Pezeshkian se sont retrouvés dans la capitale indienne pour le sommet annuel des BRICS, présidé cette année par l’Inde. Si une déclaration commune a été adoptée sur le Moyen-Orient, la question ukrainienne n’a fait l’objet d’aucune condamnation ni d’aucun engagement collectif du bloc.

Un sommet sous tension, entre Moyen-Orient et guerre en Ukraine

Vladimir Poutine est arrivé vendredi en Inde pour ce 18ᵉ sommet des BRICS, convoqué en pleines turbulences géopolitiques mondiales, du conflit au Moyen-Orient à la guerre en Ukraine. Le président russe a atterri sur la base aérienne de Palam, à New Delhi, peu avant ses homologues chinois et iranien.
Dès son arrivée, Xi Jinping a donné le ton en affirmant que la guerre au Moyen-Orient ne servait pas les intérêts communs des BRICS, appelant le bloc à s’opposer aux violations de souveraineté et à œuvrer collectivement à une désescalade. Cette ligne a débouché, samedi, sur l’adoption à l’unanimité d’une déclaration conjointe appelant au calme au Moyen-Orient, insistant sur la nécessité de préserver la fluidité du commerce mondial, des chaînes d’approvisionnement et de l’énergie, et exprimant une ferme opposition au déplacement forcé des Palestiniens par Israël.

Sur l’Ukraine, un silence qui arrange Moscou

Contrairement au dossier moyen-oriental, la guerre en Ukraine n’a donné lieu à aucune prise de position collective à New Delhi. Cette réserve s’inscrit dans une ligne constante du bloc : lors du précédent sommet, à Rio de Janeiro en juillet 2025, les BRICS avaient condamné des attaques ukrainiennes visant des infrastructures ferroviaires russes dans les régions de Briansk, Koursk et Voronej, sans pour autant appeler Moscou à cesser ses opérations militaires en Ukraine.
Un léger frémissement est toutefois perceptible du côté indien. Lors du dernier sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, Narendra Modi — qui s’est jusqu’ici toujours abstenu de condamner ouvertement l’invasion russe — a publiquement exhorté son « ami » Vladimir Poutine à trouver une issue au conflit, une invitation aussitôt saluée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ce geste reste toutefois isolé et n’a pas été relayé dans le cadre du sommet des BRICS lui-même.

L’Europe, spectatrice, tente de peser en coulisses

Absente de la table des BRICS, l’Europe cherche néanmoins à influencer la trajectoire diplomatique indienne par des canaux bilatéraux. Emmanuel Macron a ainsi échangé par téléphone avec Narendra Modi sur le conflit russo-ukrainien, dans la foulée de la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska, le 15 août, elle-même suivie d’entretiens entre le président américain, Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants européens.
À l’issue de cet échange, le président français a indiqué sur le réseau social X que les deux dirigeants avaient coordonné leurs positions sur la guerre en Ukraine en vue d’avancer vers une paix juste et durable, assortie de garanties de sécurité solides pour l’Ukraine et pour l’Europe. Un message qui traduit la volonté de Paris de rester associé aux discussions, sans disposer pour autant d’un accès direct au forum des BRICS.

Un bloc élargi, mais loin d’être uni

La présidence tournante du bloc, désormais composé de onze membres, échoit à l’Inde dans un contexte particulièrement délicat : guerres au Moyen-Orient et en Ukraine perturbant l’énergie et le transport maritime, pression tarifaire américaine sur plusieurs membres, et divergences internes persistantes sur la marche à suivre. Pour Moscou, ce sommet reste avant tout une vitrine destinée à démontrer qu’il n’est pas isolé sur la scène internationale — quand bien même la question ukrainienne, elle, continue d’y être soigneusement évitée.
Le sommet de New Delhi se poursuit dimanche 13 septembre. Nous reviendrons dans une prochaine édition sur le volet énergétique du dossier — achats de pétrole et de gaz russes par les membres des BRICS — et sur ses répercussions pour les intérêts européens.

 

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