Meurthe et Moselle
Partager
S'abonner
Ajoutez IDJ à vos Favoris Google News

Nancy la capitale du livre, entre littérature et guerres du monde

Du 11 au 13 septembre, la 48ᵉ édition du Livre sur la Place investit Nancy. Près de 500 auteurs et illustrateurs, quelque 170 rencontres et trois jours de débats, lectures et dédicaces. Avec une coprésidence très politique et symbolique : l’Israélien Élie Barnavi et le Palestinien Elias Sanbar.

Elie Barnavi et Elias-Sanbar co-président le Livre sur la Place (Photo : Le Livre sur la Place)
Elie Barnavi et Elias-Sanbar co-président le Livre sur la Place (Photo : Le Livre sur la Place)

Nancy s’apprête à vivre trois jours au rythme des livres. Du vendredi 11 au dimanche 13 septembre 2026, la 48ᵉ édition du Livre sur la Place transformera la place de la Carrière et de nombreux lieux de la ville en immense forum littéraire.
Entièrement gratuit, le rendez-vous organisé par la Ville de Nancy accueillera près de 500 auteurs et illustrateurs. Le chapiteau sera ouvert vendredi de 9 h à 19 h, samedi de 10 h à 19 h et dimanche de 10 h à 18 h.
Mais cette édition ne sera pas seulement celle de la rentrée littéraire. Guerre, mémoire, géopolitique, environnement, violences faites aux femmes, place des enfants, écologie du livre ou encore avenir de l’Europe seront au cœur de nombreux échanges.

Élie Barnavi et Elias Sanbar, deux présidents pour un dialogue improbable

C’est l’une des grandes singularités de cette édition.
Élie Barnavi, historien israélien, ancien ambassadeur d’Israël en France, et Elias Sanbar, écrivain, poète et ancien ambassadeur palestinien auprès de l’Unesco, ont accepté de coprésider le festival.
Deux hommes issus de peuples aujourd’hui séparés par une guerre et des décennies de conflit, mais qui entretiennent depuis longtemps une relation d’amitié et de dialogue.
Le symbole est d’autant plus fort que chacun publie cette année un ouvrage consacré à son pays : Dictionnaire amoureux d’Israël pour Élie Barnavi et Nouveau Dictionnaire amoureux de la Palestine pour Elias Sanbar.
Les deux présidents dialogueront notamment avec Colum McCann, écrivain irlandais engagé de longue date dans les initiatives de rapprochement israélo-palestiniennes. Le festival entend ainsi faire de la littérature un espace où les désaccords peuvent être exprimés sans renoncer au dialogue.

Une rentrée littéraire sous haute tension

Le choix de cette coprésidence donne une tonalité particulière à l’édition 2026.
Dans son éditorial, la commissaire générale Sarah Polacci revendique une programmation traversée par les guerres, les violences, les crises environnementales, les migrations et les fractures de notre époque.
La littérature, explique-t-elle en substance, doit permettre de faire entendre les voix que l’actualité réduit parfois au silence.
Cette volonté se retrouve dans la programmation : l’histoire et ses violences, la guerre, Gaza, les femmes, les enfants, l’écologie, l’Europe et les bouleversements de la société seront autant de thèmes abordés pendant ces trois journées.

Les grands noms attendus à Nancy

La liste des invités donne la mesure de l’événement.
Parmi les auteurs et personnalités annoncés figurent notamment Élie Barnavi, Elias Sanbar, Colum McCann, Jean-Christophe Rufin, Philippe Besson, Arthur Dreyfus, Pierre Assouline, Clara Dupont-Monod, Éric-Emmanuel Schmitt, Antoine Compagnon, Andreï Kourkov, Jón Kalman Stefánsson, Franck Thilliez, Michel Bussi, Sonja Delzongle, Nina Bouraoui, Judith Godrèche, Charlotte Casiraghi, Chantal Thomas, Véronique Ovaldé, Serge Joncour, Sophie Divry, Caryl Férey, Maylis Besserie ou encore Yael Naim.
La manifestation fait également une place importante aux nouveaux écrivains, avec les rencontres « Premières pages – Premier roman », qui permettront notamment de découvrir Olivier Grondeau, Eva Bottega, Daria Marx, Thélyson Orélien, Élise Lespade, Douce Dibondo, Maxim Schwartz, Lucie Bérard et Marie Colombe.

Les 15 rendez-vous à ne pas manquer

Avec près de 170 propositions, impossible de tout voir. Voici notre sélection de 15 rendez-vous particulièrement remarquables.

1. Barnavi-Sanbar : la conférence inaugurale

Samedi 12 septembre, 11 h – Opéra national de Nancy-Lorraine
C’est probablement LE rendez-vous de cette 48ᵉ édition. Élie Barnavi et Elias Sanbar ouvriront officiellement leur présidence autour du dialogue, de leurs deux ouvrages et de la situation au Proche-Orient.

2. Le Prix Stanislas

Samedi 12 septembre, 11 h – Forum littéraire Bernard Pivot
Le Prix Stanislas récompense le premier roman de la rentrée littéraire. Cette année, la rencontre met notamment à l’honneur Philippe Jaenada, président du jury.

3. « Le Livre SOUS la Place »

Samedi 12 septembre, 10 h 30 – Parking Indigo Charles III
Une rencontre insolite avec Franck Thilliez, qui participe à cette manifestation souterraine devenue l’un des rendez-vous originaux du festival.

4. « L’Europe entre amour et haine »

Samedi 12 septembre, 10 h 45 – Goethe-Institut
Étienne Gernelle et Frédéric Martel confronteront leurs regards sur une Europe aujourd’hui traversée par de fortes tensions politiques et identitaires.

5. « Désarmés face à la guerre »

Samedi 12 septembre, 13 h – Cour d’appel
Claude Guibal et Pierre Haski évoqueront la guerre et les bouleversements géopolitiques qui redessinent le monde. Un rendez-vous particulièrement en phase avec la tonalité de cette édition.

6. Antoine Compagnon

Samedi 12 septembre, 13 h 30 – Hôtel de Ville
Le grand spécialiste de littérature française Antoine Compagnon sera au Grand Salon de l’Hôtel de Ville pour une rencontre individuelle.

7. Clara Dupont-Monod

Samedi 12 septembre, 14 h – Forum littéraire Bernard Pivot
Une demi-heure de rencontre avec l’autrice, suivie immédiatement de celle consacrée à Pierre Assouline. Deux rendez-vous rapprochés à inscrire dans son programme.

8. Pierre Assouline

Samedi 12 septembre, 14 h 30 – Forum littéraire Bernard Pivot
Le romancier, journaliste et biographe rencontrera le public nancéien dans le cadre du Forum Bernard Pivot.

9. « Mozart père et fils »

Samedi 12 septembre, 15 h – Opéra
Éric-Emmanuel Schmitt proposera une rencontre autour de Mozart, dans un dialogue entre littérature et musique.

10. « L’Histoire et ses violences »

Samedi 12 septembre, 18 h – Muséum-Aquarium
Marion Brunet, Virginie Ollagnier et Dorcy Rugamba confronteront leurs récits autour du Chili, de la Roumanie soviétique et du Rwanda. Une réflexion sur la mémoire, la transmission et la reconstruction après les violences de l’Histoire.

11. « Autour de Gaza »

Samedi 12 septembre, 20 h – Théâtre de la Manufacture
Le conflit israélo-palestinien reviendra au centre des débats avec Joe Sacco et Alexandra Schwartzbrod. Un rendez-vous qui fait directement écho à la coprésidence Barnavi-Sanbar.

12. « Carte blanche aux Présidents »

Dimanche 13 septembre, 10 h 15 – Opéra
Élie Barnavi, Elias Sanbar et Colum McCann seront réunis pour un nouveau grand débat. C’est l’un des temps forts politiques et intellectuels du week-end.

13. Charlotte Casiraghi et Chantal Thomas

Dimanche 13 septembre, 11 h 30 – Préfecture
Une rencontre entre Charlotte Casiraghi et Chantal Thomas, autour de leurs univers littéraires et intellectuels.

14. Judith Godrèche et « La parole des enfants »

Dimanche 13 septembre, 14 h – Salle Poirel
Judith Godrèche, Laurence Joseph et Romain Lemire débattront de la place accordée à la parole des enfants. Un thème particulièrement sensible dans le débat public contemporain.

15. Yael Naim : le spectacle de clôture

Dimanche 13 septembre, 18 h – Opéra
Pour terminer ces trois journées, place à la musique avec Yael Naim, qui assurera le spectacle de clôture. Une façon de rappeler que Le Livre sur la Place est aussi une fête populaire.

Une place importante accordée aux premiers romans

Le Livre sur la Place reste également un formidable laboratoire pour découvrir les écrivains de demain.
Le programme « Premières pages – Premier roman » permettra au public de rencontrer plusieurs nouveaux auteurs, parmi lesquels Olivier Grondeau, Eva Bottega, Daria Marx, Thélyson Orélien, Élise Lespade, Douce Dibondo, Maxim Schwartz, Lucie Bérard et Marie Colombe.
Le rendez-vous est d’autant plus intéressant que le Prix Stanislas est précisément consacré au premier roman de la rentrée littéraire.

Un festival qui sort du chapiteau

L’une des forces du Livre sur la Place est de ne pas concentrer toute sa programmation place de la Carrière.
Les rencontres investiront notamment l’Opéra national de Nancy-Lorraine, l’Hôtel de Ville, la préfecture, la cour d’appel, le tribunal administratif, le Muséum-Aquarium, le Goethe-Institut, le Théâtre de la Manufacture, la salle Poirel, la médiathèque de la Manufacture et d’autres lieux de la ville.
Le festival propose ainsi un véritable parcours littéraire à travers Nancy.

Pour les familles aussi

Le Livre sur la Place n’oublie pas les enfants.
La « Petite Bulle », installée place de la Carrière, proposera notamment « Tu me racontes une histoire ? », samedi 12 septembre de 10 h à 16 h. Les Bibliothèques de Nancy et leurs partenaires y proposeront lectures et contes pour les familles. L’accès est gratuit et sans réservation.

Pratique : tout est gratuit

Le Livre sur la Place est entièrement gratuit.
Le grand chapiteau de la place de la Carrière accueillera les auteurs et illustrateurs pendant les trois jours :

  • Vendredi 11 septembre : 9 h – 19 h
  • Samedi 12 septembre : 10 h – 19 h
  • Dimanche 13 septembre : 10 h – 18 h

Les rencontres sont réparties dans plusieurs lieux de Nancy. Certaines sont accessibles sans réservation, tandis que quelques rendez-vous particuliers peuvent nécessiter une inscription ou disposer d’une capacité limitée. Il est donc recommandé de consulter le programme officiel avant de se déplacer.

Nancy, capitale française de la rentrée littéraire

Avec sa programmation pléthorique, ses centaines d’auteurs et la diversité de ses débats, Le Livre sur la Place confirme en 2026 son statut de grand rendez-vous de la rentrée littéraire française.
Mais cette 48ᵉ édition pourrait rester dans les mémoires pour une autre raison : rarement un salon littéraire aura autant assumé le rôle de lieu de dialogue face aux fractures du monde.
La présence côte à côte d’Élie Barnavi et d’Elias Sanbar en est le symbole le plus fort. Au-delà des livres, Nancy veut pendant trois jours faire entendre des voix différentes, parfois contradictoires, mais réunies autour d’une même idée : la littérature peut encore créer un espace où l’on accepte de s’écouter.
Et dans un monde saturé de conflits, de fractures et de certitudes, ce n’est peut-être pas la moindre des ambitions.

 

 

Lorraine Meurthe et Moselle