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PISA : et si le bridge devenait une nouvelle arme pour faire aimer les maths ?

Calcul mental, logique, mémoire, concentration, stratégie… Le bridge ne serait pas seulement un jeu de cartes. À l’heure où les résultats de PISA 2026 relancent le débat sur le niveau des élèves en mathématiques, la Fédération Française de Bridge (FFB) défend une idée originale : utiliser le jeu comme outil pédagogique, dès l’école primaire.

Jeu de cartes -PxHere)
Jeu de cartes -PxHere)

Et si, pour faire progresser les élèves en mathématiques, il fallait parfois commencer… par jouer ?
C’est en tout cas le pari de la Fédération Française de Bridge. À l’occasion de la publication du rapport PISA 2026, elle rappelle que le bridge est déjà utilisé dans des établissements scolaires, du CP au secondaire, pour travailler différentes compétences directement liées aux apprentissages.
Depuis 2012, la FFB développe ainsi une coopération structurée avec l’Éducation nationale autour de l’utilisation du bridge à l’école.

Du Petit Bridge au bridge : une progression dès 6 ans

La démarche commence dès le plus jeune âge avec le Petit Bridge, une adaptation du jeu conçue pour les enfants à partir de 6 ans et validée par l’Éducation nationale.
Au collège et dans le secondaire, les élèves peuvent ensuite poursuivre avec le minibridge, puis avec le bridge.
L’objectif est de transformer le jeu en situation d’apprentissage. Autour de la table, les élèves doivent compter, raisonner, mémoriser, comparer, anticiper, formuler des hypothèses et élaborer des stratégies.
Autrement dit, les mathématiques et la logique ne sont plus seulement abordées sous la forme d’exercices abstraits : elles deviennent concrètes et directement liées aux décisions prises pendant la partie.

Calculer, mais aussi apprendre à coopérer

Le bridge présente toutefois une particularité importante : il se joue avec un partenaire.
L’élève doit donc apprendre à communiquer, écouter, coopérer et prendre en compte les décisions de son partenaire. Le jeu permet également de travailler la concentration, l’expression orale, la prise de décision et la gestion des émotions.
Pour Élodie Bonnefoy-Cudraz, chargée de la coordination et du développement des projets éducatifs à la Fédération Française de Bridge, l’intérêt du dispositif dépasse ainsi largement les mathématiques.
« Le bridge permet de faire travailler les mathématiques sans que les élèves aient le sentiment de faire des exercices. » Selon elle, les élèves apprennent simultanément à compter, raisonner, élaborer des stratégies et prendre des décisions, mais aussi à coopérer, argumenter et gérer leurs émotions.

Plus de 10 000 enseignants déjà formés

La FFB affirme avoir déjà accompagné plus de 10 000 enseignants de l’Éducation nationale dans l’utilisation du bridge en milieu scolaire.
La Fédération met notamment à disposition des établissements des outils pédagogiques et assure la formation des enseignants.
Depuis mars 2024, elle bénéficie par ailleurs de l’agrément national des associations éducatives complémentaires de l’enseignement public.
Le dispositif peut être utilisé dans les enseignements, mais également dans des projets interdisciplinaires, l’accompagnement personnalisé ou encore les activités périscolaires.

Le Petit Bridge, une porte d’entrée pour les enfants

Pour les plus jeunes, la FFB a donc conçu le Petit Bridge, accessible dès 6 ans.
Les cartes et les règles sont adaptées afin de permettre aux enfants d’entrer progressivement dans le jeu tout en travaillant notamment la lecture, le calcul, la mémoire et le raisonnement.
Le dispositif a notamment été élaboré avec Michel Gouy, ancien inspecteur d’académie et IA-IPR honoraire de mathématiques.

« Redonner goût à l’apprentissage »

Pour Géraldine Gadé, professeur de mathématiques et vice-présidente de la FFB chargée des jeunes, le bridge pourrait également jouer un rôle auprès des élèves rencontrant des difficultés scolaires ou en situation de handicap.
Elle estime que le jeu favorise notamment la coopération, l’égalité des chances, le calcul mental, l’expression orale, la mémorisation et la gestion des émotions.
Avec, à la clé, selon elle, la possibilité de « redonner goût à l’apprentissage ».

Une expérience française qui s’exporte en Europe

L’initiative ne se limite désormais plus à la France.
Sous l’impulsion de la Fédération Française de Bridge, plusieurs projets Erasmus+ associent différents pays européens autour du Petit Bridge afin d’étudier et de développer son utilisation dans les établissements scolaires.
La FFB travaille également avec l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) pour favoriser le développement du bridge dans les établissements français à travers le monde.
Les chiffres clés du bridge à l’école

  • Dès 6 ans : le Petit Bridge peut être utilisé à l’école.
  • Plus de 10 000 enseignants de l’Éducation nationale ont été formés à l’enseignement du bridge en milieu scolaire.
  • Depuis 2012 : une coopération structurée existe entre la Fédération Française de Bridge et l’Éducation nationale.
  • Depuis mars 2024 : la FFB bénéficie de l’agrément national des associations éducatives complémentaires de l’enseignement public.

1 000 clubs et une pratique accessible à tous

Au-delà du milieu scolaire, la Fédération Française de Bridge revendique un réseau d’environ 1 000 clubs organisant des tournois pour tous les niveaux, quotidiennement et partout en France.
Des écoles de bridge proposent également des initiations gratuites, avec les cinq premières séances offertes, encadrées par des moniteurs agréés FFB.
La Fédération présente le bridge comme une activité « 100 % inclusive », favorisant le bien-être et la convivialité et pouvant être pratiquée à tout âge.
La World Bridge Federation est par ailleurs reconnue par le Comité international olympique. La FFB se présente comme la première fédération européenne et la deuxième mondiale derrière les États-Unis.

Et si apprendre les maths commençait par jouer ?

Alors que les résultats de PISA 2026 replacent les apprentissages fondamentaux au centre des préoccupations éducatives, la Fédération Française de Bridge entend donc promouvoir une autre manière de faire travailler les élèves.
Calcul mental, logique, probabilités, mémoire, concentration, stratégie mais aussi coopération et prise de décision : le bridge veut démontrer qu’un jeu de cartes peut devenir un support pédagogique à part entière.
Reste désormais à savoir si cette approche ludique parviendra à convaincre davantage d’établissements et d’enseignants. Une chose est certaine : pour la FFB, la partie ne fait que commencer.

 

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