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Susan Sarandon la rebelle

« Aucun d’entre nous n’est libre tant que tout le monde ne l’est pas », a rappelé la star de « Thelma et Louise » au Festival de Deauville, où elle a reçu un Icon Award.

Toute de blanc vêtue, Susan Sarandon était émue par le vibrant hommage que lui a rendu la cinéaste Euzhan Palcy qui a dirigé l’actrice dans « Une saison blanche et sèche » (Photos MIchel HAUMONT).

Parmi les images des principaux films de Susan Sarandon, projetées au 52ème Festival du Cinéma Américain de Deauville, dont « La dernière marche » (pour lequel elle a reçu un Oscar), « The Rocky Hoor Picture Show », « Les Sorcières d’Eastwick », « Le Client », « Les Prédateurs », « Lovely Bones », « Atlantic City » (réalisé par Louis Malle)… l’extrait de « Thelma et Louise » a déclenché des applaudissements accrus. L’actrice est l’éternelle Louise dans ce film de Ridley Scott, dans lequel elle partage l’affiche avec Geena Davis, et qui figurait sur l’affiche du dernier Festival de Cannes.

Après Faye Dunaway, la star recevait jeudi un Icon Award décerné par le Festival de Deauville. « Une voiture, une route, un revolver, une falaise »… « Thelma et Louise » était ainsi résumé par la réalisatrice Euzhan Palcy qui a dirigé Susan Sarandon dans « Une saison blanche et sèche », dénonciation de l’apartheid en Afrique du Sud. La cinéaste a rendu un bel hommage à l’actrice « intelligente et sexy », une « guerrière » qui a incarné « des femmes qui se rebellent », rebelle elle-même, dont elle a loué son humanité, son courage, son indépendance, son intrépidité : « Elle a une voix et le courage de s’en servir ».

« Merci de soutenir mon travail »

Femme engagée depuis toujours, Susan Sarandon l’est encore à 79 ans : « Merci de soutenir mon travail, ce qui n’est pas le cas partout », confiait la comédienne toute de blanc vêtue, dans une réelle émotion, quelques larmes aux yeux. Quelques jours plus tôt au Festival de Venise, elle avait évoqué combien, après avoir été lâchée par son agence, sa critique d’Israël lui faisait perdre des rôles à Hollywood. « Parfois la vie n’est pas si facile », disait-elle à Deauville, avant d’ajouter : « Aucun d’entre nous n’est libre tant que tout le monde ne l’est pas ».

Son prochain film, « The Accompanist » réalisé par Zach Woods, était projeté ensuite en avant-première. « Ce film est vraiment une intéressante histoire d’amour », assure Sarandon, qui y joue une attentionnée grand-mère d’accueil, un peu « sorcière » à sa façon, qui recueille une gamine retirée à sa famille.

La veille, sur la même scène de Deauville, une autre femme engagée prononçait un puissant discours anti-Trump : épouse de l’écrivain Paul Auster (disparu il y a deux ans), Siri Hustvedt recevait le Prix du roman américain pour « Ghost Stories », ouvrage dans lequel elle évoque leur « longue et magnifique vie à deux ». Dénonçant combien la république est menacée aux Etats-Unis, Siri Hustvedt achevait son intervention en français par « Liberté, égalité, fraternité » et « Vive la France ! ».

Patrick TARDIT

www.festival-deauville.com

La star américaine sur les fameuses planches normandes, ici avec le maire de Deauville, Philippe Augier.
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