Comment un bulletin météo a décidé de la date du Débarquement en Normandie. L’acteur Brendan Fraser et le réalisateur Anthony Maras sont venus présenter « Pressure » au Festival du Cinéma Américain. Film hollywoodien qui évoque les derniers préparatifs de la grande invasion.

Il y a près de trente ans déjà, Steven Spielberg était venu au Festival du Cinéma Américain de Deauville présenter « Il faut sauver le soldat Ryan », superproduction avec ses spectaculaires séquences du Débarquement en Normandie. Cette année encore, à quelques dizaines de kilomètres des historiques plages normandes (Utah Beach, Omaha Beach…), un autre film évoque cet événement historique. « Pressure », film réalisé par Anthony Maras (sortie en France ce mercredi 9 septembre) présenté en avant-première au 52ème Festival de Deauville, raconte quant à lui ce qui s’est passé avant que les troupes alliées ne posent le pied sur le sable français, et comment un bulletin météo a décidé de la date du Jour J ou D-Day, initialement prévu le lundi 5 juin 1944 à 6H30.
Le cinéaste australien a accompagné en Normandie l’acteur Brendan Fraser venu recevoir un Talent Award au Festival, et qui incarne l’imposant Général Eisenhower, commandant en chef des forces alliées, dans « Pressure ». Adapté d’une pièce de théâtre de David Haig, ce film raconte « une histoire vraie », celle de James Stagg (joué par Andrew Scott), colonel écossais et chef météorologiste, chargé d’établir un bulletin météo des 72 heures à venir. En rivalité avec le météorologue de l’armée américaine, qui promet un grand soleil, Stagg annonce lui une double tempête sur la Manche et les côtes normandes. Impossible dans ce cas de lancer sur les flots « la plus grande force d’invasion maritime de l’histoire ».
Le désastre meurtrier de l’opération « Tigre »

En grande partie huis-clos au quartier général des Forces Alliées, en Angleterre, « Pressure » évoque ainsi la terrible pression pesant sur une poignée d’hommes, qui doivent prendre la « bonne décision » alors que tant de vies et « l‘issue de la guerre » en dépendent. Fort de ses conclusions météorologiques, James Stagg affronte les militaires (dont Montgomery incarné par Damian Lewis), pressés d’aller en découdre avec l’armée nazie ; dans les cartes et les chiffres, le scientifique décèle une accalmie et donne finalement le feu vert pour la grande opération le 6 juin à l’aube.
Contrairement à la vision française des deux films de « La Bataille De Gaulle » réalisés par Antonin Baudry, c’est un traitement hollywoodien qui est appliqué à « Pressure ». Mais outre l’époque, les deux films ont en commun de faire découvrir des événements méconnus de la Seconde Guerre Mondiale, ici l’importance de la météo donc sur une date historique, et le désastre meurtrier que fut l’opération « Tigre » évoquée dans la séquence d’ouverture, une répétition ratée du futur débarquement six semaines avant le D-Day.
Patrick TARDIT
« Pressure », un film de Anthony Maras (sortie ce mercredi 9 septembre).