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America first ou America über alles ?

L’acte de piraterie de Donald Trump sur le Vénézuéla et la capture de Nicolas Maduro démontrent, une fois de plus, que les États-Unis ne s’embarrassent pas de sentiments pour imposer leur hégémonie militaire, économique, culturelle et judiciaire.

America First (UnlimPhotos)
America First (UnlimPhotos)

Jusqu’où ira Donald Trump dans sa frénésie impérialiste ? Le coup de force de l’armée américaine contre le Vénézuéla, le 3 janvier 2026, et la capture de Nicolás Maduro et de son épouse, suscitent la réprobation générale tant cette opération brutale fut effectuée en dehors de tout cadre légal et surtout au mépris du droit international. Il s’agit, ni plus ni moins, que de l’agression d’un État souverain, comme l’ont observé de grandes puissances comme la Chine, la Russie ou encore Israël, auxquelles on reproche bien souvent de s’emparer de territoires par la force. Comme c’est le cas, par exemple, de l’occupation de la Crimée ou du Donbass ou encore de Gaza… Les uns revendiquent des territoires, les autres des ressources minières ou pétrolières. L’attaque US du Vénézuéla constitue un précédent qui ouvre une porte sur l’inconnue.

Un nouveau monde

Car rien ne dit que le président américain se limitera à convoiter le pétrole du Vénézuéla. On sait qu’il veut faire du Canada le 51ᵉ État des États-Unis d’Amérique, qu’il lorgne sur le Groenland, pour ses importantes ressources minières et sa position stratégique. « Nous avons absolument besoin du Groenland. Nous en avons besoin pour notre défense » a récemment déclaré le président américain en précisant qu’il allait s’en occuper « dans vingt jours ».
Mais auparavant, le président Trump va s’intéresser de près à d’autres États souverains, soit qui lui font de l’ombre, soit qu’ils gênent sa politique, mais surtout parce qu’ils ont des relations privilégiées avec la Chine et la Russie. C’est le cas de l’Iran, de la Colombie, de Cuba, du Nigeria… La liste n’est pas exhaustive.
Ainsi, peu à peu, se met en place un nouveau monde façonné par et pour les États-Unis. Et personne ne peut s’y opposer.

America first !

La formidable puissance économique et donc militaire des États-Unis les a rendus maîtres du ciel, de la mer, de l’espace. Grâce à quoi ils sont devenus les maîtres du monde, imposant leurs lois sur le reste de la planète. Des conflits armés « au nom de la liberté » au Vietnam, en Irak, en Libye et ailleurs n’avaient pour but que préserver leurs intérêts économiques et stratégiques. Et pour assurer la suprématie du dollar !
De fait, la puissance américaine permet à Trump d’imposer ses règles aux entreprises et aux États étrangers. Sous couvert de lutte contre la corruption, les Américains affaiblissent certaines entreprises stratégiques pour mieux se positionner sur les marchés mondiaux. L’Amérique utilise le droit comme une arme économique. Deux exemples parmi beaucoup d’autres.
En 2015, la banque BNP Paribas a écopé d’une amende de 8,9 milliards de dollars. Sa faute ? Avoir utilisé le dollar dans ses transactions avec « des ennemis des États-Unis », en particulier l’Iran et Cuba.
En avril 2013, Frédéric Pierucci, président de la filiale chaudière d’Alstom, et trois de ses collaborateurs sont arrêtés à New York par le FBI pour une affaire de corruption en Indonésie. Le 22 décembre 2014, l’entreprise française est condamnée par la justice américaine à payer une amende record de 772 millions de dollars. Dans la foulée, Alstom est rachetée par l’Américain General Electric, au nez et à la barbe de l’État français.

La langue universelle, le billet vert, les GAFAM

Grâce à leur puissance gigantesque, les multinationales comme les Gafam (Google, Appel, Facebook, Amazon, Microsoft) ont réussi à conquérir le monde. Elles engrangent de fabuleux profits. L’extra-territorialité du droit américain est là pour les protéger. Il suffit d’utiliser une puce électronique, un iPhone, un hébergeur ou un serveur américain pour se retrouver sous le coup de la loi américaine. Rappelons que c’est une société de droit privé californien, l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) qui attribue les noms de domaines et les adresses sur Internet.
Grâce aux Gafam, l’Amérique impose peu à peu la langue anglo-américaine au reste du monde, véhicule les idées américaines, la culture américaine, contrôle tout ce qui se dit sur les réseaux sociaux…
Dans son livre publié en 2008 aux éditions du Seuil, Frédéric Charpier prévenait déjà que, depuis 1947, date de sa création, de la CIA intervenait partout en France. Ses agents agissent sous couverture officielle pour mener des opérations clandestines « infiltrant, finançant et manipulant des syndicats, des partis politiques, des fondations, des instituts, des associations culturelles ». La Centrale est présente dans la haute administration française et surveille de près les secteurs sensibles comme l’aéronautique ou le nucléaire.
Ces infiltrations au sein de nos institutions témoignent une fois encore la faiblesse de la France et de l’Europe face aux enjeux du monde qui s’organise sans elles.
Nos dirigeants devraient savoir que l’Amérique n’a pas d’alliés, elle n’a que des intérêts qu’elle défend sans état d’âme.
America First ou America über alles ?

Les États-Unis capturent Nicolás Maduro lors d’une opération militaire à Caracas

« Comment les États-Unis contribuent-ils à affaiblir l’économie française ? »

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