Proche-Orient

Mort de Ghassem Soleimani : de graves conséquences

La mort du général iranien à Bagdad sur ordre de Donald Trump, va avoir des conséquences importantes dans tout le Moyen-Orient et bien au-delà.

Ghassem Soleimani
Ghassem Soleimani tué par les Américains sur ordre de Trump (Capture EuroNews)

Le général Ghassem Soleimani, à la tête de la force al-Qods, une unité d’élite des Gardiens de la révolution iraniens, a été tué dans une frappe aérienne des États-Unis, vendredi 3 janvier 2020. Son convoi, a été bombardé à l’aéroport de la capitale irakienne Bagdad, sur ordre du président Donald Trump, nous apprend le Pentagone. Abou Mahdi al-Mouhandis, commandant d’une milice irakienne soutenue par l’Iran, a également été tué ainsi que huit autres personnes.
Selon le communiqué du ministère américain de la Défense, cette attaque se veut « une mesure défensive pour protéger le personnel américain à l’étranger. »
De fait, le 31 décembre 2019, une foule furieuse d’Irakiens hostiles à la présence US sur leur sol a attaqué l’ambassade américaine de Bagdad. Quelques jours plus tôt, des roquettes ont touché une base américaine près de Kirkouk, au nord de l’Irak ainsi que plusieurs autres bases de la coalition.
Pour les Américains, pas de doute. Ce sont les milices iraniennes qui sont à l’œuvre. D’où les représailles à la fois contre les irakiens et les iraniens.

L’homme-clé

Agé de 62 ans, Ghassem Soleimani est un militaire réputé pour sa bravoure. Ancien commandant les Gardiens de la Révolution dans sa région d’origine, il a participé à de nombreux conflits notamment contre l’Irak de Saddam Hussein.
En 1998, Ghassem Soleimani a pris la tête de la Force Al-Qods, groupe militaire secret d’intervention extraterritoriale. En 2006, il est au Liban pendant le conflit avec Israël. Il travaille en faveur des chiites du Moyen-Orient. En 2014, il est à Moussoul. Plus tard, en 2019, il intervient auprès des responsables de la sécurité irakiens.Au cours de sa carrière, le général Ghassem Soleimani est devenu l’homme-clé de l’influence iranienne au Moyen-Orient.

« Un bâton de dynamite »

« L’assassinat » de Soleimani a provoqué une immense émotion en Iran mais aussi dans toute la région. Le guide suprême, l’ayatollah Khamenei, a promis une « vengeance terrible » pour les criminels. Trois jours de deuil national ont été décrétés.
Aux Etats-Unis, les réactions sont diverses. Le sénateur Chris Murphy twitte : L’Amérique a assassiné, sans autorisation du Congrès, la deuxième personnalité d’Iran provoquant consciemment une guerre régionale massive. »
« Le président Trump vient de jeter un bâton de dynamite dans une poudrière et il doit au peuple américain une explication » a dénoncé l’ancien vice-président Joe Biden.
Moscou condamne sans appel. « L’assassinat de Soleimani (…) est un palier hasardeux qui va mener à l’accroissement des tensions dans la région. » Pékin « appelle au calme et à la retenue. »
L’attaque américaine est condamnée un peu partout dans le monde. Car les conséquences ne sont pas encore mesurables. Le prix du baril a immédiatement augmenté de 4%, la bourse de Londres fléchit, Tsahal l’armée israélienne, a ordonné la fermeture d’une station de ski, redoutant des représailles.
La mort du général Ghassem Soleimani relance les hostilités dans toute le Moyen-Orient. Personne ne peut dire, à cette heure, jusqu’où s’arrêtera l’escalade entre les Etats-Unis et l’Iran. Mais cette mort n’augure rien de bon pour l’avenir et la paix dans le monde.
Merci M. Trump !

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