Deux nouveaux suicides dans la police

Cela porte à 24 le nombre de policiers qui se sont donné la mort depuis le début de l’année. Plusieurs syndicats de police tirent la sonnette d’alarme.

Philippe Capon, secrétaire général UNSA-Police
Philippe Capon, secrétaire général UNSA-Police

Les fonctionnaires de police ont appris la mort de deux de leurs collègues au cours du week-end. Une fonctionnaire de la brigade de nuit de Conflans-Sainte-Honorine, âgée de 37 ans, s’est donné la mort avec son arme de service à Guainville (Eure-et-Loir). Le corps sans vie d’un fonctionnaire du commissariat d’Alès, dans le Gard, âgé de 49 ans, qui avait disparu depuis plusieurs jours, a été retrouvé dans un bois dimanche. Ces deux nouveaux suicides portent à 24 le nombre de policiers qui ont mis fin à leurs jours depuis le début de l’année 2019.
En cause : la fatigue accumulée depuis des mois, le manque de reconnaissance de la part du ministère, les nombreuses difficultés du métier…

“Dysfonctionnements importants”

Les syndicats de policiers tirent la sonnette d’alarme. L’UNSA-Police mais aussi Alternative Police-CFDT, entre autres, s’inquiètent de cette hécatombe.
« Ce chiffre de 24 suicides depuis le début de l’année est révélateur de dysfonctionnements importants qui, s’ils doivent prendre en considération le suremploi actuel, sont révélateurs de l’incapacité totale des services du ministère de l’Intérieur à les gérer ! » dénonce Philippe Capon, secrétaire général de l’UNSA-Police.
Il ajoute : « Refusant de voir et/ou de prendre en considération les problèmes, s’enfermant dans un fonctionnement RH vertical et concurrentiel, la gestion des RPS (risques psychosociaux) et des suicides au sein du Ministère de l’Intérieur se révèle aussi catastrophique qu’inefficace.
L’UNSA Police demande au Ministre de l’Intérieur de mettre en place des procédures cohérentes avec le besoin de nos collègues en détresse et de mettre de l’ordre dans le fonctionnement dans ses services ayant la responsabilité de gérer les RPS. L’UNSA Police refuse que cette situation soit reléguée à un simple comptage mortuaire ou une brève dans la rubrique faits divers.
L’UNSA Police exige des mesures fortes pour mettre fin à cette hécatombe ! »