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Délinquance : Cambriolages en recul, drogues et fraudes en hausse

Entre recul des vols et montée en puissance des crimes numériques et du trafic de drogue, le bilan 2025 dessine une délinquance en mutation. Un défi majeur pour les politiques publiques de sécurité, appelées à s’adapter à une criminalité de plus en plus polymorphe.

Drogues, de plus en plus de consommateurs (UnlimPhotos)
Drogues, de plus en plus de consommateurs (UnlimPhotos)

Le bilan annuel de la délinquance publié par le ministère de l’Intérieur met en lumière une évolution à deux vitesses : tandis que les atteintes aux biens poursuivent leur baisse, les infractions liées aux stupéfiants, aux fraudes et aux violences continuent de progresser.
Le constat est sans appel : la délinquance évolue de manière contrastée en France. Selon le bilan 2025 du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), publié ce jeudi 29 janvier, certains délits sont en nette hausse, quand d’autres enregistrent un recul durable, parfois amorcé depuis plusieurs années.

Fraudes et escroqueries : la menace numérique s’intensifie

Parmi les infractions les plus dynamiques, les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement ont progressé de 8 % en un an. Une augmentation largement attribuée à l’essor des infractions numériques : hameçonnage, faux sites administratifs, arnaques aux faux conseillers bancaires ou encore usurpations d’identité se multiplient.
« La criminalité suit l’évolution des usages et des technologies », analyse Gwennaël Solard, chargé du bilan statistique au SSMSI. Les services de police constatent une professionnalisation croissante de ces réseaux, souvent difficiles à démanteler.

Trafic et usage de stupéfiants : une hausse historique

Autre tendance marquante : la hausse continue des infractions liées aux stupéfiants. En 2025, le nombre de personnes mises en cause pour trafic de drogue a augmenté de 8 %, un rythme bien supérieur à la moyenne observée depuis 2016. Sur le long terme, la progression est spectaculaire : de 1 000 personnes mises en cause en 1972, on est passé à près de 57 000 en 2025.
L’usage de stupéfiants connaît, lui aussi, une envolée. Depuis 2020, le nombre de mis en cause a presque doublé, atteignant 307 200 personnes en 2025. Une augmentation en grande partie liée à l’introduction de l’amende forfaitaire délictuelle (AFD), qui permet de sanctionner sans procès. Cette procédure, qui concerne désormais 70 % des cas, suscite toutefois des critiques.

Violences : une hausse persistante

Les violences sexuelles poursuivent leur progression (+8 %), mais à un rythme moins soutenu que lors de la décennie précédente. En neuf ans, le nombre de victimes déclarées a plus que doublé, passant de 51 900 en 2016 à 132 300 en 2025. Une évolution qui s’explique en partie par une libération de la parole et une plus grande propension des victimes à signaler les faits aux forces de l’ordre.
Les violences physiques, qu’elles surviennent dans le cadre familial ou non, augmentent également (+5 %), prolongeant une tendance continue depuis 2016.

Cambriolages et vols de véhicules : une baisse durable

À rebours de ces hausses, les atteintes aux biens enregistrent un recul notable. Les cambriolages diminuent de 3 % en 2025 et affichent une baisse de 14 % depuis 2016. Les vols de véhicules connaissent une chute encore plus marquée (-9 % sur un an, -24 % depuis 2016), après un rebond post-crise sanitaire.
Une amélioration que les experts attribuent à la généralisation des dispositifs de sécurité, à l’évolution des comportements et à des stratégies policières plus ciblées.

Homicides : une stabilité fragile

Le SSMSI recense 982 homicides en 2025, soit une légère hausse de 1 % par rapport à 2024. Le chiffre reste néanmoins relativement stable depuis 2022 et s’inscrit dans une tendance de baisse sur trente ans, malgré des fluctuations ponctuelles.

Des statistiques à interpréter avec prudence

Si ces données offrent un précieux baromètre, elles ne reflètent pas toute la réalité. Les statistiques reposent sur les faits enregistrés par la police et la gendarmerie, alors qu’une large part des victimes ne dépose pas plainte. Ainsi, seules 6 % des victimes de violences sexuelles saisissent les autorités, contre 57 % pour les cambriolages.
Par ailleurs, la hausse de certains indicateurs peut aussi résulter d’une mobilisation accrue des forces de l’ordre. « Une augmentation des faits enregistrés ne signifie pas nécessairement une augmentation réelle de la violence dans la société », rappelle Aurélien Poissonnier, statisticien au SSMSI. À titre d’exemple, le pic de contrôles liés à l’usage de stupéfiants en 2024 s’expliquait en partie par le renforcement des effectifs mobilisés lors des Jeux olympiques.

Première photographie du bilan 2025 

Atlas départemental de la délinquance enregistrée en 2025

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