Il ne s’agit pas simplement d’une nouvelle journée de manifestations. Les syndicats veulent faire de cette date une véritable démonstration de force face au gouvernement, notamment autour du budget 2027.

La journée du jeudi 5 novembre 2026 pourrait marquer un tournant dans la contestation sociale en France. Après plusieurs semaines de mobilisations de la jeunesse, des manifestations contre la vie chère et des rassemblements de Gilets jaunes, c’est désormais le monde du travail qui est appelé à entrer dans la bataille.
Le principal enjeu sera celui de la convergence des colères : salariés du privé, fonctionnaires, cheminots, enseignants, étudiants, lycéens, retraités et Gilets jaunes.
Mobilisation interprofessionnelle d’ampleur
L’appel initial a été lancé début octobre par cinq organisations : CGT, CFDT, FO, Unsa et FSU. D’autres organisations et fédérations professionnelles se sont associées au mouvement.
La CGT annonce plus de 200 manifestations en province, en plus des rassemblements prévus à Paris.
Les revendications sont relativement convergentes :
- Augmentation des salaires, du Smic et des pensions.
- Revalorisation du point d’indice des fonctionnaires.
- Défense des services publics et des moyens de la Sécurité sociale.
- Protection de l’emploi et de l’industrie.
- Justice fiscale et meilleure répartition des richesses.
- Remise en cause de certaines orientations du budget 2027.
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, souhaite notamment une hausse de 10 % du Smic et une révision du projet de budget.
Transports, Education et Services publics en première ligne
Plusieurs secteurs sont concernés par des appels à la grève.
Ce qui est attendu
SNCF Appel unitaire des quatre fédérations représentatives de cheminots : CGT, CFDT, Unsa et SUD-Rail.
RATP et transports urbains Appels à la grève, perturbations possibles dans les réseaux urbains.
Éducation nationale Mobilisation des enseignants, personnels et syndicats du privé sous contrat.
Lycées et universités Appels au blocage et à des manifestations de jeunes.
Hôpitaux et santé Grève des personnels, avec maintien des soins indispensables.
Fonction publique Mobilisation des agents de l’État, des collectivités et des hôpitaux.
La Poste Préavis de grève, avec possibilité de perturbations prolongées.
Énergie Appel à la grève dans les industries électriques et gazières.
La SNCF pourrait connaître des perturbations sur les TGV, TER, Intercités et trains de banlieue. Il faut toutefois distinguer les appels à la grève des prévisions réelles de trafic : celles-ci ne permettent pas encore de mesurer précisément l’ampleur des suppressions de trains.
Dans les établissements scolaires, la participation des lycéens et des étudiants pourrait donner une dimension supplémentaire à la journée.
Grand Est : plusieurs manifestations annoncées
La mobilisation s’organise également dans les villes de la région. Voici les principaux rendez-vous annoncés au 3 novembre :
Meurthe-et-Moselle
- Nancy : 14 h, place Dombasle.
- Longwy : 10 h, place Darche.
Moselle
- Metz : 14 h, place de la Gare.
Meuse
- Bar-le-Duc : 14 h 30, devant la gare.
- Verdun : 9 h 30, parking du 8-Mai-1945.
Vosges
- Épinal : 14 h, place Foch.
- Saint-Dié-des-Vosges : 9 h, Tour de la Liberté.
Alsace
- Strasbourg : 14 h, place de la République.
- Mulhouse : 14 h, place de la Bourse.
Horaires et lieux annoncés par les organisations syndicales, susceptibles d’être actualisés.
À Nancy, les représentants syndicaux de la CGT, FO, CFDT et FSU annoncent une mobilisation potentiellement supérieure aux précédentes. Ils évoquent un sentiment de saturation face à la hausse des prix, à la stagnation des rémunérations et à la dégradation des services publics.
L’espoir d’une convergence avec les Gilets jaunes
C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants de cette journée.
Depuis plusieurs semaines, différentes formes de contestation se développent :
- Les mobilisations de lycéens et d’étudiants.
- Les manifestations contre la vie chère.
- Les rassemblements de Gilets jaunes.
- La contestation des salariés et des fonctionnaires.
- Les inquiétudes liées à l’emploi, aux fermetures d’entreprises et aux restrictions budgétaires.
La coordination des Gilets jaunes entend participer à cette convergence. Elle appelle même à prolonger la mobilisation les 6 et 7 novembre, avec un projet de nouvel « acte IV ».
L’objectif est de dépasser les revendications catégorielles pour construire un mouvement populaire plus large contre la politique économique et sociale du gouvernement.
Faut-il craindre des débordements ?
Les manifestations précédentes ont parfois été marquées par des incidents, notamment le 17 octobre. Les autorités devront donc gérer deux formes de mobilisation qui ne répondent pas nécessairement aux mêmes logiques :
- Les cortèges syndicaux traditionnels, organisés et encadrés.
- Des rassemblements plus spontanés, susceptibles de réunir des groupes de jeunes, des Gilets jaunes et des militants plus radicaux.
À Paris, le parcours entre Bastille et Concorde a été demandé par les syndicats, mais son autorisation doit être confirmée par la préfecture de police. Le dispositif policier n’était pas encore officiellement détaillé dans les informations disponibles le 3 novembre.
Il serait donc prématuré de prévoir des affrontements. Mais le contexte justifie une vigilance particulière.
Trois scénarios pour la suite
Scénario Conséquences possibles
Mobilisation importante mais maîtrisée
Les syndicats obtiennent un rapport de force politique, sans prolongement immédiat.
Forte convergence sociale
Les salariés rejoignent massivement les jeunes et les Gilets jaunes. La contestation prend une dimension nationale.
Mobilisation accompagnée de blocages et d’incidents
La pression sur le gouvernement s’accentue et le mouvement risque de s’installer dans la durée.
Le véritable indicateur ne sera pas seulement le nombre de manifestants. Il faudra également observer le taux de grévistes, les secteurs effectivement paralysés, la participation des salariés du privé et la capacité des différentes composantes du mouvement à agir ensemble.
Le 5 novembre sera un test politique pour le gouvernement
Premièrement, le changement de nature de la contestation. Jusqu’ici, les mobilisations ont largement été portées par la jeunesse et des catégories de population mécontentes de leurs conditions de vie. Les organisations syndicales veulent faire entrer le monde du travail dans la contestation.
Deuxièmement, le budget 2027 constitue le détonateur politique. Les revendications salariales et sociales se cristallisent autour des choix budgétaires du gouvernement. Les syndicats veulent peser sur les arbitrages parlementaires.
Troisièmement, la question de la durée devient centrale. Une journée de grève, même importante, ne suffit pas nécessairement à faire reculer le gouvernement. La perspective des 6 et 7 novembre, avec les initiatives des Gilets jaunes, pourrait donner une autre dimension au mouvement.
Mobilisation du 5 novembre: « Ce ne sera pas un jeudi noir mais arc-en-ciel parce que tout le monde va s’y mettre », lance Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT https://t.co/OTsgKH2FAa
— BFM (@BFMTV) November 2, 2026
Relayant l’appel du 5 novembre face à la « violence sociale », @JuBrugerolles (GDR) réclame de « bloquer les prix des carburants » et de taxer les « profiteurs de crise ».
Il somme le Gvt de respecter le vote de la « baisse à 5,5 % de la TVA sur l’électricité ».
#DirectAN #QAG https://t.co/3KbAtdbSi7— Assemblée nationale (@AssembleeNat) November 3, 2026
TGV, TER, RER, métro… À quelles perturbations faut-il s’attendre dans les transports pour la journée de grève du 5 novembre ?
https://t.co/TgH3hTgObD— RTL France (@RTLFrance) November 3, 2026