Emmanuel Macron prépare-t-il l’après-2027 en installant durablement ses proches dans les centres névralgiques du pouvoir ?

Emmanuel Macron est accusé de vouloir verrouiller les institutions stratégiques de la République avant la fin de son second quinquennat, en mai 2027, en nommant des personnalités proches à des postes dont les mandats se prolongeront au-delà de son départ de l’Élysée.
Cette stratégie suscite une controverse politique : ses opposants y voient une manière de conserver une influence sur l’État après 2027, tandis que ses défenseurs invoquent les prérogatives constitutionnelles du président et la continuité des institutions.
Les neuf nominations généralement citées
Voici les neuf personnalités et les fonctions stratégiques concernée :
Personnalité Fonction Enjeu institutionnel
- Richard Ferrand Président du Conseil constitutionnel. Contrôle de la constitutionnalité des lois
- Amélie de Montchalin Première présidente de la Cour des comptes. Contrôle des finances publiques
- Emmanuel Moulin Gouverneur de la Banque de France. Politique monétaire et stabilité financière
- Marc Guillaume Vice-président du Conseil d’État. Conseil juridique du gouvernement et justice administrative
- Jean Maïa Président de la HATVP. Transparence de la vie publique
- Thibaut Guilluy Directeur général de France Travail. Politique de l’emploi
- Martin Ajdari Président de l’Arcom. Régulation des médias et de l’audiovisuel
- Vincent Strubel Directeur général de l’ANSSI. Cybersécurité et protection des systèmes informatiques
- Stéphane Séjourné Commissaire européen, vice-président exécutif de la Commission Politique industrielle et économique européenne
Source : inventaire des nominations institutionnelles publié par SensPo.
Pourquoi ces nominations sont-elles controversées ?
Trois nominations sont particulièrement sensibles :
- Richard Ferrand : proche historique d’Emmanuel Macron, il préside le Conseil constitutionnel jusqu’en 2034. Cette institution peut notamment censurer des dispositions législatives adoptées par le futur gouvernement.
• Amélie de Montchalin : ancienne ministre des Comptes publics, elle dirige désormais la Cour des comptes, chargée notamment de contrôler la gestion des finances publiques.
• Emmanuel Moulin : ancien secrétaire général de l’Élysée, il dirige la Banque de France jusqu’en 2032.
Le point commun est la durée de certains mandats : ils dépassent largement mai 2027, date de la fin du second mandat présidentiel d’Emmanuel Macron.
Une précision importante
Il ne s’agit pas de neuf nominations toutes décidées directement par Emmanuel Macron, ni de neuf nominations intervenues simultanément. Certaines relèvent de procédures différentes et les liens politiques entre les titulaires et le président sont d’intensité variable.
Histoire de maîtriser le futur. 👿 https://t.co/3Nz2m2NUN0
— Maryline Maubois (@MaryMbois) October 31, 2026