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« A prayer for the dying », apocalypse d’hier

Sélectionné à Deauville, le premier film de Dara Van Dusen est un bien curieux western, un drame éprouvant et crépusculaire (disponible en vod et dvd).

« C’est un livre qui a changé ma vie », confiait la réalisatrice Dara Van Dusen à Deauville (Photo Michel HAUMONT).

Sélectionné en compétition au Festival du Cinéma Américain de Deauville ainsi qu’à la Berlinale, « A prayer for the dying » est le premier long-métrage de Dara Van Dusen (disponible en vod et dvd), adaptation d’un roman de Stewart O’Nan, « Un mal qui répand la terreur ». « C’est un livre qui a changé ma vie, un livre qui change votre point de vue, votre manière de penser », assurait la réalisatrice avant la projection deauvillaise.

Ce bien curieux western se déroule après la guerre de Sécession, en 1870 dans le Wisconsin, où Jacob Hansen (joué par Johnny Flynn) est le sheriff d’une bourgade isolée, Friendship. Ancien militaire, encore hanté par la guerre qui l’a rendu phobique des chevaux, Sheriff Hansen, qui se déplace à vélo, est aussi pasteur et croque-mort du village.

Alors que la région est plombée par la chaleur, en pleine période de sécheresse, un danger menace, un incendie au loin, dont des nuages noirs emportent la fumée, et qui va inexorablement se rapprocher. Lorsqu’un cadavre de soldat est trouvé près d’une ferme, le dévoué médecin (incarné par l’impeccable John C. Reilly) va vite comprendre qu’un autre péril est tout proche, une épidémie de diphtérie, contagieuse, mortelle, terrible.

Une esthétique dépouillée

Avec une esthétique d’abord dépouillée, poussière et canicule, le récit vire au chaos.

Sheriff et toubib vont devoir faire des choix, protéger au mieux la population de Friendship et la petite communauté religieuse voisine, un gourou et ses nombreuses épouses. D’abord tout cacher aux villageois, le pasteur doit mentir, envisage de sauver sa famille, sa femme et sa toute petite fille. Et puis la propagation de l’infection étant rapide, il est vite trop tard pour évacuer, il faut imposer la quarantaine, plus personne n’entre ni ne sort de la localité. Et voici que le feu est là, énorme.

Tenaillé par la responsabilité, la morale, les bonnes décisions à prendre pour la communauté, Sheriff Hansen est entravé jusqu’à devenir un protecteur impuissant, même à sauver les siens. Tandis que le mal répand la terreur, « A prayer for the dying » est un film crépusculaire, où il n’y a plus effectivement qu’à prier pour ceux qui vont mourir. L’esthétique d’abord dépouillée, poussière et canicule, vire au chaos avec notamment une spectaculaire séquence d’un train filant à travers l’incendie. C’est un drame éprouvant, un cauchemar tendu,  avec une utilisation agaçante du son et de la musique, façon film d’horreur ; et c’est en fait vers quoi se dirige le récit, un final apocalyptique.

Patrick TARDIT

« A prayer for the dying », un film de Dara Van Dusen (disponible en vod et dvd).

Johnny Flynn et John C. Reilly incarnent le sheriff et le médecin d’une bourgade isolée, menacée par une épidémie.
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