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Dermatose, Mercosur : les syndicats relancent la contestation et menacent de monter à Paris

La colère du monde agricole ne retombe pas. Après la trêve des confiseurs, plusieurs syndicats appellent à une reprise massive de la mobilisation dès les premiers jours de janvier.

La Coordination rurale ne lâche pas (DR)
La Coordination rurale ne lâche pas (DR)

En ligne de mire : la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et la perspective de la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, vivement contesté par une partie de la profession.
La Coordination rurale a de nouveau appelé ses adhérents à se mobiliser pour porter la contestation jusqu’à Paris. Des convois de tracteurs ont été constitués dans plusieurs régions, mais restent pour l’instant empêchés d’entrer dans la capitale par les forces de l’ordre. Le syndicat entend maintenir la pression pour obtenir des réponses concrètes de l’exécutif face à la crise qui frappe l’élevage.

La Confédération paysanne veut un « redémarrage massif »

De son côté, la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole français, a lancé mardi un appel clair au « redémarrage massif des mobilisations dès la première semaine de janvier ». Une journée d’actions est d’ores et déjà prévue le 7 janvier, au lendemain d’une rencontre annoncée avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu.
Les principaux syndicats agricoles doivent être reçus à Matignon les 5 et 6 janvier. Mais les explications gouvernementales, jugées insuffisantes par une partie de la profession, peinent à calmer les tensions. « Pour la gestion de la DNC comme pour la signature de l’accord UE-Mercosur, nous appelons à de véritables politiques de protection et de relocalisation de l’agriculture, plutôt qu’à la dépendance de nos fermes aux injonctions des marchés internationaux », affirme la Confédération paysanne dans un communiqué.

Une opposition ferme à la gestion sanitaire actuelle

Au cœur de la contestation figure la stratégie sanitaire mise en œuvre face à la dermatose nodulaire contagieuse, une maladie bovine très contagieuse mais non transmissible à l’homme. Le syndicat dénonce l’abattage systématique des troupeaux dès la détection d’un foyer et réclame une généralisation de la vaccination.
« Nous ne lâcherons rien tant qu’aucune action concrète n’est engagée par l’État », prévient la Confédération paysanne, estimant que les mobilisations de décembre ont démontré « la détermination d’une majorité de paysannes et de paysans » à s’opposer à la politique actuelle.
Sur le terrain, cette lutte a parfois donné lieu à des alliances inédites. Le syndicat a ainsi participé à plusieurs actions contre les abattages aux côtés de la Coordination rurale, malgré de profondes divergences idéologiques, cette dernière revendiquant une ligne très critique vis-à-vis de l’écologie.

Le Mercosur, un point de crispation majeur

Autre sujet de discorde : l’accord de libre-échange UE-Mercosur, que la Commission européenne s’apprête à finaliser. « Alors même que l’élevage français traverse une crise inédite, cet accord condamnerait en particulier les éleveurs et éleveuses de bovins allaitants », déplore la Confédération paysanne. Le report de la ratification à la mi-janvier est jugé illusoire par le syndicat, qui y voit un simple répit.
Si les organisations agricoles restent divisées sur la gestion de la DNC — la FNSEA soutenant la politique sanitaire en vigueur —, elles se rejoignent davantage dans leur opposition à l’accord UE-Mercosur. Jusqu’à présent, la France n’est toutefois pas parvenue à réunir une minorité de blocage suffisante au sein de l’Union européenne.

Une mobilisation encore bien visible sur le terrain

En décembre, la contestation s’était étendue à l’ensemble du territoire avant de marquer le pas à l’approche du réveillon. Mardi encore, plusieurs actions se poursuivaient : des barrages autoroutiers subsistaient, notamment sur l’A64 en Occitanie, tandis que des opérations symboliques étaient menées, comme le retrait de produits importés dans les rayons de supermarchés.
Avec la reprise annoncée des mobilisations en janvier, le monde agricole semble déterminé à maintenir la pression sur le gouvernement. Reste à savoir si les discussions à Matignon suffiront à apaiser une colère qui, pour beaucoup d’agriculteurs, dépasse désormais la seule question sanitaire.

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