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Iran : l’escalade militaire, jusqu’où ?

Donald Trump a menacé de renvoyer l’Iran à l’âge de pierre si le détroit d’Ormuz n’était pas ouvert. Mais avant la fin de l’ultimatum, les bombardements ont commencé. Ils pourraient conduire le monde vers une déflagration nucléaire.

 

Trump a fixé une échéance à 20 h 00 heure de Washington (2 h 30 mercredi matin à Téhéran) pour qu’un accord soit conclu, menaçant dimanche de cibler les centrales électriques et les ponts iraniens.
À environ 12 heures de cette échéance, Trump a publié sur Truth Social : « Une civilisation entière disparaîtra ce soir, pour ne jamais être reconstruite. Je ne veux pas que cela arrive, mais ça arrivera probablement. » L’exigence centrale : l’Iran doit ouvrir le détroit d’Ormuz.

Les frappes déjà en cours

Des forces américaines ont frappé dans la nuit des cibles militaires sur l’île de Kharg, le principal terminal pétrolier d’exportation d’Iran. Des frappes ont également touché des lignes ferroviaires, des autoroutes et d’autres routes à travers l’Iran, dont une attaque sur un pont ferroviaire qui a tué deux personnes.
La médiation du Pakistan
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a demandé à Trump une extension de deux semaines de son ultimatum, et a également demandé à l’Iran d’ouvrir le détroit pendant deux semaines « en signe de bonne volonté ». La Maison-Blanche a indiqué qu’une réponse serait donnée.

La réaction iranienne

Le président iranien Masoud Pezeshkian a réagi avec défi, déclarant être prêt à mourir pour défendre son pays. Plus de 14 millions d’Iraniens auraient déjà enregistré leur volonté de se sacrifier.
L’Iran a rejeté les demandes américaines et présenté son propre plan en 10 points, comprenant notamment une garantie de ne pas être attaqué à nouveau, la fin des frappes israéliennes sur le Hezbollah, et la levée des sanctions en échange de la réouverture du détroit avec l’imposition d’une taxe de 2 millions de dollars par navire.
Les Gardiens de la Révolution ont averti qu’ils répondraient en dehors de la région et priveraient les États-Unis et leurs alliés du pétrole et du gaz de la région « pendant de nombreuses années » si des lignes rouges étaient franchies.

Les réactions internationales

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a rejoint un chœur croissant de voix internationales estimant que des frappes ciblant les infrastructures civiles et énergétiques pourraient constituer un crime de guerre.
La Grande-Bretagne a indiqué qu’elle n’autoriserait pas les États-Unis à utiliser ses bases pour des opérations ciblant des infrastructures civiles.
Le pape Léon XIV a exhorté les personnes de bonne volonté à « rejeter la guerre, en particulier une guerre que beaucoup considèrent comme injuste, qui continue d’escalader et ne résout rien. »
La Chine qui observe une relative neutralité dans ce conflit, mais apporte un soutien discret à l’Iran. Elle ne laissera pas les États-Unis et Israël « détruire une civilisation » sans intervenir militairement. Xi Jinping l’a fait savoir à Donald Trump.
Même chose pour la Russie qui apporte un soutien plus visible à Téhéran.
Quant à la Corée du Nord, ses menaces contre Israël et les États-Unis font froid dans le dos.

 

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