À Davos, Donald Trump a finalement modéré ses menaces à l’égard de l’Europe après avoir eu un entretien « fructueux » avec le secrétaire général de l’OTAN, à propos du Groenland. Qui est Mark Rutte ?

Déconcertant Donald Trump. Plus question pour le président américain d’employer la force pour s’emparer du Groenland. Plus question non plus d’appliquer des droits de douane insensés aux produits européens, et spécialement aux vins français, entrant sur le sol américain. Après ses violences verbales qui ont fait trembler le monde, Trump a brusquement pondéré ses positions belliqueuses à Davos (Suisse) ce 21 janvier 2026 après avoir eu un entretien, face to face, avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Les deux hommes auraient réglé cette crise le temps d’une conversation.
La souveraineté sur le Groenland
Ce revirement inattendu, c’est Donald Trump lui-même qui l’a annoncé sur son réseau Truth Social. « Cette solution, si elle est concrétisée, sera excellente pour les États-Unis et tous les pays de l’OTAN » dit-il.
Que contient cette « solution » ? Mark Rutte affirme, contre l’évidence, n’avoir pas évoqué la question du Groenland avec Trump. Mais le New York Times révèle que les négociations entre les deux hommes auraient abouti à « un accord-cadre » sur l’ensemble de la région arctique à l’initiative du secrétaire général de l’OTAN. Le contenu précis n’a pas été révélé. Pourtant, selon plusieurs sources européennes, le Danemark envisagerait de céder aux États-Unis la souveraineté sur « de petites parcelles » du territoire groenlandais où les États-Unis pourraient installer leurs bases militaires. Il s’agit évidemment d’une première étape avant d’accorder une souveraineté pleine et entière aux États-Unis sur l’île Arctique. Reste que le gouvernement danois, non représenté lors de cet entretien, n’a pas confirmé une quelconque cession de souveraineté à l’Oncle Sam.
Le rôle ambigu de Mark Rutte
La veille, le 20 janvier 2026, Donald Trump a révélé, toujours sur son réseau Truth Social, l’attitude obséquieuse du secrétaire général de l’OTAN à son endroit. Dans ce message privé Mark Rutte écrit : « Cher Donald, ce que vous avez accompli aujourd’hui en Syrie est incroyable. Je profiterai de mes interventions médiatiques à Davos pour mettre en avant votre travail là-bas, à Gaza et en Ukraine ». Il aurait ajouté : « Je m’engage à trouver une solution pour le Groenland. J’ai hâte ! »
Toujours selon Trump, Mark Rutte lui aurait adressé un message après les frappes américaines contre les installations nucléaires iraniennes en juin dernier, en l’appelant « daddy » (papa). « Vous nous avez menés à un moment, vraiment, vraiment important pour l’Amérique, l’Europe, et le monde », aurait-il ajouté. »
Ces flatteries plaisent à Trump, ce président narcissique pathologique, mais elles sont inhabituelles dans le langage diplomatique, celui des relations internationales.
Qui est Mark Rutte ?
Premier ministre des Pays-Bas de 2010 à 2024, Mark Rutte est secrétaire général de l’OTAN depuis le 1ᵉʳ octobre 2024. Il succède au norvégien Jens Stoltenberg. Il est connu pour avoir apporté son soutien aux dirigeants israéliens lors de la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza en 2023 et 2024. Il a autorisé la livraison de pièces et d’équipements pour des avions de chasse de l’armée de l’air israélienne, malgré les mises en garde d’une possible utilisation dans les bombardements de populations civiles palestiniennes. Mark Rutte a demandé à sa ministre des Affaires étrangères, Hanke Bruins Slot, de ne pas voter les résolutions de l’ONU appelant à un cessez-le-feu.
Bref, un type dangereux !