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Thionville : un scrutin très ouvert

À Thionville, les municipales de mars 2026 s’annoncent ouvertes et fragmentées. L’absence d’union à gauche brouille un peu les cartes. Le résultat final dépendra des alliances au second tour.

Pierre Cuny, maire de Thionville (Wikimedia Commons)
Pierre Cuny, maire de Thionville (Wikimedia Commons)

Avec six listes, le 1ᵉʳ tour des municipales à Thionville servira surtout à établir un rapport de force. La vraie bataille sera celle des fusions. D’autant qu’avec trois listes, la gauche pourrait être éliminée dès le premier tour et ne peut espérer jouer un rôle que dans les négociations de l’entre-deux tours.

Pierre Cuny mise sur la continuité

Candidat à un troisième mandat avec sa liste « Thionville au cœur », Pierre Cuny (Horizons) se positionne sur la continuité et le développement urbain, autour de cinq axes principaux :
Logement & urbanisme Plus de 1 000 logements sur la rive droite, un écoquartier rive gauche, et la rénovation du quartier La Milliaire.
Mobilité Mise en place d’un bus à haut niveau de service (BHNS) d’ici 2027, enjeu crucial pour une ville très liée au Luxembourg.
Équipements & cadre de vie Reconstruction du théâtre NEST, nouvelle salle à Eutrange, rénovation d’équipements sportifs et aménagement des rives de la Moselle.
Attractivité Renforcement de l’enseignement supérieur et soutien au développement économique local.
Investissements Un plan pluriannuel de 100 M€ sur 2026-2032, dans la continuité des 200 M€ déjà engagés selon lui.
Pierre Cuny s’appuie également sur l’agglo Thionville-Fensch, dont il est président, pour le logement, la mobilité et la coopération transfrontalière avec le Luxembourg.

L’expérience et les casseroles

Pierre Cuny a l’avantage, dans cette consultation, d’avoir derrière lui deux mandats et donc une certaine expérience du poste. Mais ce médecin originaire de Nancy, est non seulement maire de Thionville, mais aussi président de la communauté d’agglomération Porte de France Thionville (133.000 habitants) et président, depuis peu, du Pôle métropolitain européen du Sillon Lorrain (1,2 million d’habitants) porté par quatre intercommunalités (Thionville, Metz, Nancy, Epinal). L’axe Nord-Sud de la région Lorraine structure depuis toujours le développement économique de ce territoire.
Si Pierre Cuny est un homme politique aux compétences connues et reconnues, il traine aussi derrière lui quelques casseroles. L’un de ses adversaires dans ces élections municipales ne s’est pas privé de les révéler publiquement dans des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, les ThionviLeaks (fuite de documents). Il y est question de relations troubles entre certains élus de Thionville et des promoteurs de la place.
Autre difficulté pour le maire sortant : l’échec des transports en commun et la construction de deux ponts, près de la gare, où deux bus à haut niveau de service (BHNS) ne peuvent pas se croiser.
Bref, quelques échecs cuisants au cours du dernier mandat qui risquent de peser lourd dans les urnes des 15 et 22 mars.
Le scrutin reste ouvert, sans favori incontestable aujourd’hui, même si le maire sortant part avec l’avantage de l’ancrage local.

La gauche en ordre dispersé

Guy Maurhofer, candidat de Lutte ouvrière, se présente pour la troisième fois aux municipales à Thionville. Il s’est également présenté à quatre reprises aux élections législatives.
Philippe Noller, a pris la tête de la liste « Thionville ensemble ». Elle est soutenue par le parti Génération Écologie, présidé par Delphine Batho, Les Écologistes, le PCF, l’Association pour la République écologique et sociale. Le candidat communiste à la mairie veut faire de la santé et de l’accès aux soins la priorité de sa campagne.
Brigitte Vaïsse, tire la liste du Parti socialiste. L’ancienne première adjointe de Bertrand Mertz aurait souhaité rassembler la gauche. Elle s’est présentée aux législatives sous les couleurs du Nouveau Front Populaire et avait collecté 22,8% des suffrages au premier tour. Mais elle s’est désistée au second tour pour faire barrage au Rassemblement National.
Deux autres listes prennent le départ de cette compétition électorale : celle du Rassemblement des droites baptisée « Thionville, le Renouveau par l’Audace » emmenée par Lionel Bieder et celle de Yan Rutili « Redonner vie à Thionville » portée par le groupe ACTHIFS (Nous en reparlerons).

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