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Lorraine : Les confidences d’un flic écœuré

Yves Milla, secrétaire zonal de l’UNSA-Police se sent sali par le ministre de l’Intérieur qui, dit-il, jette l’opprobre sur la profession à coups d’amalgames et de petites phrases insultantes. Il dit son ras-le-bol.

Yves Milla, secrétaire zonal de l'UNSA-Police
Yves Milla, secrétaire zonal de l’UNSA-Police (Photo DR)

Il n’en peut plus du flic-bashing ! Yves Milla secrétaire zonal de l’UNSA-Police en poste à Metz est aujourd’hui au bout de ce qu’il peut supporter, comme nombre de ses collègues. La conférence de presse de Christophe Castaner concernant le racisme dans les rangs de la police a eu l’effet de la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
« Depuis l’élection d’Emmanuel Macron à l’Elysée, dit-il, les policiers et les gendarmes vivent des heures difficiles. Il y a eu l’affaire Benalla, une histoire de barbouzes au sein de la hiérarchie policière, puis il y a eu les attentats, puis les manifs des Gilets jaunes, puis un Ministre de l’Intérieur surpris en galante compagnie dans un lieu de perdition. Et voilà qu’aujourd’hui le représentant de la police tient des propos inacceptables à l’égard des policiers. Christophe Castaner jette l’opprobre sur tous les policiers. Il nous donne les leçons sur la manière d’interpeller des citoyens sur la voie publique. »

« Du populisme »

Yves Milla est un policier en colère. Il constate « une rupture entre les policiers et les politiques ». Pour lui, les politiques, à commencer par le Ministre de l’Intérieur, font du populisme à des fins électorales. Car nous sommes à deux semaines des municipales qui s’annoncent peu glorieuses pour le parti présidentiel.
« Christophe Castaner n’est pas à sa place. Il n’a plus de légitimité » affirme Yves Milla. Comment en est-on arrivé là ? « Un manque de courage des politiques. Nous sommes désavoués. Nous sommes dégoûtés, nous ne croyons plus aux institutions de la République. Et ce qui m’inquiète le plus, c’est que le Rassemblement National engrange des points. Le gouvernement actuel livre l’institution républicaine à Marine Le Pen. C’est la seule à prendre la défense de la police. »

« Des traîtres »

A propos du racisme, le secrétaire zonal de l’UNSA-police reconnaît que la police est à l’image de la société française. Avec, parfois, ses brebis galeuses. Et avec des Français issus de la diversité dans ses rangs. « Je suis choqué de voir des collègues de couleur être pris à partie dans la rue, être qualifiés de ‘’traîtres’’. C’est insupportable pour eux comme pour nous. »
Il ajoute : « On nous traîne dans la boue et nos représentants vont pactiser avec le diable ? Le ras-le-bol est tel, qu’un jour les policiers vont arrêter de bosser. Et les Français risquent de le payer cash si la police républicaine ne les défend plus ! Peut-être dès cet été si ça chauffe dans les banlieues… »

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