France
Partager
S'abonner
Ajoutez IDJ à vos Favoris Google News

Dissolution en ligne de mire : l’exécutif anticipe des législatives couplées aux municipales

Face aux menaces de censure brandies par le Rassemblement national et La France insoumise, l’exécutif se prépare à l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale.

Sébastien Lecornu, Premier ministre (Wikimedia)
Sébastien Lecornu, Premier ministre (Wikimedia)

Sébastien Lecornu a demandé au ministère de l’Intérieur d’anticiper l’organisation d’élections législatives concomitantes aux municipales de mars prochain. Un scénario politiquement explosif, sur fond de blocage budgétaire et de tensions parlementaires croissantes.
Les Français pourraient-ils être appelés à voter deux fois en même temps au printemps prochain ? L’hypothèse, encore impensable il y a quelques semaines, est désormais prise très au sérieux au sommet de l’État. Selon une information de Franceinfo, confirmée par l’AFP, Sébastien Lecornu a donné instruction au ministère de l’Intérieur de préparer l’éventuelle organisation d’élections législatives aux mêmes dates que les élections municipales, prévues les 15 et 22 mars.

Cette anticipation s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu. Le gouvernement est en effet sous la menace de motions de censure annoncées par le Rassemblement national et La France insoumise. D’après une source au sein de l’exécutif, une adoption de ces motions entraînerait mécaniquement une dissolution de l’Assemblée nationale, conformément à la Constitution.

Un climat politique sous haute tension

Vendredi matin, Sébastien Lecornu a vivement dénoncé sur le réseau social X ce qu’il qualifie de « postures cyniques partisanes », accusant les oppositions de freiner volontairement les discussions budgétaires. Le Premier ministre pointe du doigt des manœuvres politiques qu’il estime guidées par des calculs électoraux, au détriment de la stabilité institutionnelle.

Dans le même message, il a également évoqué le dossier du Mercosur, rappelant que « la France a une position claire » et qu’elle a voté contre l’accord commercial avec les pays sud-américains. Un vote sans surprise, selon lui, mais insuffisant pour empêcher l’adoption de l’accord par une majorité d’États membres de l’Union européenne. Sébastien Lecornu accuse le RN et LFI de « choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes » et d’« affaiblir la voix de la France » sur la scène internationale.

Le budget 2026 dans l’impasse

Au cœur de la crise actuelle se trouve également le blocage du budget de l’État pour 2026. Faute d’accord parlementaire avant le 31 décembre, le Parlement a dû adopter une loi spéciale afin d’assurer la continuité des services publics et de l’action de l’État. Les travaux ont repris jeudi en commission des finances, mais les perspectives restent sombres : vendredi, les députés ont largement rejeté la partie consacrée aux recettes, laissant planer peu d’espoir quant à l’émergence d’un compromis lors de l’examen en séance prévu à partir de la semaine prochaine.

Mélenchon défie l’exécutif

Du côté de La France insoumise, la perspective d’une nouvelle dissolution ne suscite aucune inquiétude affichée. « Nous n’avons pas peur de l’élection », a déclaré Jean-Luc Mélenchon vendredi soir, interrogé par des journalistes en marge d’un déplacement à Villeurbanne, où il assistait aux vœux du député Gabriel Amard.

« S’ils veulent le faire, qu’ils le fassent », a-t-il lancé, estimant que le Premier ministre se tromperait s’il pensait brandir une menace. « Pour nous, le vote populaire, ce n’est pas une menace », a conclu le leader insoumis, revendiquant une confrontation directe avec les électeurs.

À mesure que les tensions s’accumulent et que les échéances électorales se rapprochent, l’exécutif semble désormais se préparer à tous les scénarios, y compris les plus radicaux. Une chose est certaine : le début de l’année politique s’annonce décisif pour l’avenir institutionnel du pays.

 

 

France