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La France des Gilets jaunes

La note N°55 du Conseil d’analyse économique (CAE) brosse le portrait-robot de la France des inégalités, notamment territoriales, mis en lumière par le mouvement des Gilets jaunes.

Le mouvement des Gilets jaunes veut bloquer les infrastructures routières. (capture Facebook)
Le mouvement des Gilets jaunes veut bloquer les infrastructures routières. (capture Facebook)

A deux mois des élections municipales, l’étude du Conseil d’analyse économique est particulièrement instructive sur l’état de déliquescence dans lequel s’enfonce notre pays. Intitulée « Territoires, Bien-être et Politiques publiques » cette étude menée par trois économistes, Yann Algan, Clément Malgouyres et Claudia Senik, cartographie les inégalités et le mécontentement qui se sont durablement installés en France. « La présente Note vise à analyser les déterminants locaux du mécontentement d’une partie de la population » écrivent les auteurs. « La crise des Gilets jaunes a fait éclater au grand jour le malaise d’un grand nombre de territoires en France ».

A l’origine du malaise

Les sources du mal-être dans les territoires sont nombreuses : perte des emplois, disparition des services publics et des commerces de proximité, effondrement de l’immobilier, délitement du lien social… Autant de choses dénoncées par les Gilets jaunes même si « certains facteurs sont plus déterminants que d’autres ».
Les trois économistes se sont également intéressés aux récentes évolutions de l’environnement local des individus. Et ils font le lien entre le mal-être constaté et l’impact sur le mouvement des Gilets jaunes, que l’on a appelé « la République des ronds-points ».
L’étude recommande de « redéfinir les objectifs des politiques territoriales ».

Les préconisations

Pour tenter de remédier à ces graves inégalités, les auteurs de l’étude font plusieurs préconisations visant à « changer de méthode » pour « passer d’un Etat prescripteur à un Etat accompagnateur ».
Première recommandation : « Redéfinir les objectifs d’aides aux territoires en prenant en compte toutes les dimensions du bien-être et non les seuls critères économiques ».
Deuxième recommandation : « rénover l’approche de l’Etat central vis-à-vis des politiques de soutien aux territoires. Et privilégier l’accompagnement technique et financier à des projets initiés localement et portés par l’ensemble des acteurs concernés ».
Troisième recommandation : « supprimer les politiques d’exonération fiscales (ZRR) et utiliser ce budget pour les projets locaux destinés aux territoires ruraux dont l’allocation soit étroitement impliquer les élus au niveau local. »
Quatrième recommandation : Faciliter l’accès aux services publics et aux commerces de proximité. « Eviter la stratégie du ‘’tout numérique’’ afin de préserver le lien social. »

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