Economie. « La reprise sans les emplois »

Au cours d’un point presse ce matin à Metz, le président du Conseil économique, social et environnemental du Grand Est, Patrick Tassin, a commenté le tableau de bord de la conjoncture économique de la Région.

69b811c225497c59726b0c692d6717
Patricl Tassin, président du CESER

« L’économie reprend des couleurs mais cela n’a pas d’impact sur l’emploi » a constaté d’emblée Patrick Tassin en s’adressant à la presse. Les indicateurs de conjure montrent en effet une légère reprise des exportations, les carnets de commandes se remplissent et, pourtant, il n’y a aucun impact sur le chômage structurel. On constate même un accroissement de la pauvreté puisque 130.000 personnes perçoivent désormais le RSA dans la nouvelle grande région.
http://ceser-grandest.eu/publications/notes-et-rapports/article/la-conjoncture-economique-et-sociale-dans-la-region-acal-et-ses-territoires

« Des atouts »

Cependant il y a des raisons d’espérer du fait, notamment, des atouts sérieux dont dispose le Grand Est. Le président du CESER a tout d’abord cité l’industrie qui est « une force » car elle exporte l’essentiel de sa production, en particulier vers l’Allemagne. Car elle est compétitive ». Il y a aussi l’agriculture, dans sa diversité, l’élevage, la viticulture, mais aussi la sylviculture, l’industrie brassicole etc.
La transition écologique (et pas seulement énergétique) dispose « de capacités énormes de développement », la recherche et l’innovation sont porteuses de richesses et d’emplois.
Autre atout de la région : sa situation géographique, son patrimoine naturel, de l’Alsace aux Ardennes, en passant par la Champagne et la Lorraine, son patrimoine historique exceptionnel (à l’exemple de Verdun).

« Une stratégie »

Enfin, la région dispose de « financements forts » pour mettre en œuvre ses politiques publiques. Il faut aider l’industrie actuelle à muter vers l’industrie du futur, développer le tourisme, le numérique (et pas seulement les infrastructures), l’énergie (et pas seulement le nucléaire).
« La qualité de l’emploi passe par la formation et le soutien à l’encadrement dans les entreprises. Et par le soutien aux six pôles de compétitivité qui sont des points d’ancrage pour développer notre économie. »
L’ampleur du territoire nécessite « un développement équilibré » a rappelé le président du CESER. « Les vrais partenariats pour l’aménagement du territoire, c’est la région et ses métropoles. »
Certes, la position géographique du Grand Est est un atout, notamment pour les frontaliers qui vont travailler en Suisse, en Allemagne et au Luxembourg. « Mais on ne peut pas être des fournisseurs de main d’œuvre de pays riches. Il faut développer des synergies avec nos voisins ».
Tout cela « suppose une stratégie. « On aimerait voir une planification, une vision de l’avenir » a insisté Patrick Tassin. Cela tombe bien, le président du Conseil régional vient de saisir le CESER d’un travail de prospection économique de la région dans le but de participer à l’élaboration des politiques publiques.
Autrement dit, le CESER ne veut pas jouer un simple rôle d’observateur. Son président l’a dit de façon plus poétique : « Nous ne nous contenterons pas de regarder passer les oiseaux ».

Marcel GAY