En ce début d’année 2026, l’économiste Marc Touati présente un tableau particulièrement sombre de la situation française et mondiale.

Les chiffres de la Banque de France révèlent une situation dramatique : près de 69 000 défaillances d’entreprises sur 12 mois, soit 6,8 % au-dessus du précédent record d’avril 2015. L’augmentation touche tous les secteurs, avec une hausse particulièrement marquée pour les moyennes entreprises (134 % depuis 2020) et les ETI (107 %).
La construction, le commerce de détail et l’immobilier figurent parmi les secteurs les plus affectés, avec des hausses respectives de 26 % et 61 %.
Chômage persistant et croissance anémique
Le taux de chômage se maintient à 7,7 % en France, contre 6,3 % dans la zone euro. Chez les moins de 25 ans, il atteint 18,5 %. Les indicateurs des directeurs d’achat montrent une stagnation économique, la France se situant pile à 50, seuil séparant croissance et récession.
Marc Touati révise à la baisse ses prévisions pour 2026 : croissance de 0,5 %, chômage à 8,5 %, déficit public de 5,8 % et dette publique bondissant à 122 % du PIB.
Agriculture en crise et inflation alimentaire
Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la balance commerciale agricole française affiche un déficit d’environ 1 milliard d’euros, après avoir enregistré 5 milliards d’excédents en 2022.
L’inflation alimentaire repart à la hausse avec une augmentation de 23,4 % depuis janvier 2021. Les prix des œufs ont notamment bondi de 25,3 %, révélant des tensions sur l’approvisionnement.
Incertitudes budgétaires et politiques
L’absence de budget 2026 et les tensions politiques font monter les taux d’intérêt des obligations françaises autour de 3,5-3,6 %, leur plus haut niveau depuis novembre 2011. L’État devra émettre 310 milliards d’euros de nouvelles dettes cette année, et les intérêts de la dette coûteront 70 milliards d’euros.
Paradoxe des marchés et de l’or
Malgré ce contexte morose, le CAC 40 a battu un nouveau record historique à 8 362 points le 9 janvier, en hausse de 22 % depuis avril. Parallèlement, l’or a franchi les 4 620 dollars l’once, soit 127 euros le gramme, portant cette hausse simultanée des marchés boursiers et de l’or comme un signal contradictoire inhabituel.
L’économiste y voit le signe d’une situation paradoxale où euphorie boursière et quête de valeurs refuges coexistent, traduisant les incertitudes profondes qui pèsent sur l’économie française et mondiale.
Ralentissement mondial confirmé
Au niveau international, la croissance mondiale devrait se maintenir autour de 3 %, en deçà de la moyenne historique de 3,5 %. Tous les grands pays connaissent un ralentissement, de l’Inde aux États-Unis en passant par la zone euro.
Marc Touati conclut en appelant les dirigeants français à la transparence et aux réformes structurelles, estimant que « le mensonge » sur la situation économique réelle ne peut plus durer face à la réalité vécue quotidiennement par les Français.