La région Grand Est : “une aberration administrative et politique”

Le sénateur de Moselle Jean-Louis Masson jette un pavé dans la mare en présentant une proposition de loi visant à réduire l’étendue de la région.

Le Grand Est est formé de trois anciennes régions : Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne (carte Atlas Grand Est)
Le Grand Est est formé de trois anciennes régions : Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne (carte Atlas Grand Est)

Le 7 février 2019 à Colmar, le sénateur Jean-Louis Masson a co-animé une conférence de presse au cours de laquelle il a présenté sa proposition de loi pour réduire l’étendue de la région Grand Est et rétablir l’Alsace comme région de plein exercice.
« La région Grand Est est une aberration administrative, dit-il, avec une étendue territoriale démesurée : deux fois la Belgique et plus que le total des trois Länder voisins. De ce fait, elle est très éloignée du terrain et des administrés. En outre, la presse a montré qu’au lieu de permettre des économies, elle entraînait une augmentation de 51 % des frais de déplacement et de mission (DNA du 18 juillet 2018). »

« Un marché de dupes »

Il ajoute : « Face aux aspirations tout à fait légitimes qui s’expriment en Alsace, le gouvernement cherche hélas à gagner du temps en formant une entité pompeusement appelée Collectivité Européenne d’Alsace (CEA). Il s’agit d’un marché de dupes car cette CEA n’est rien d’autre qu’un grand département bénéficiant de quelques miettes de compensations déléguées par l’Etat et hypothétiquement par la région Grand Est.
Pour le sénateur, la seule solution pertinente est de revenir aux anciennes régions qui étaient à taille humaine. Dans un premier temps, le rétablissement de l’Alsace en tant que région de plein exercice lui redonnerait son identité tout en réduisant l’étendue du Grand-Est.
« Il faut aussi savoir qu’en Alsace et en Moselle, la plupart des élus qui persistent à défendre le Grand Est sont motivés soit par une stratégie de carrière politique personnelle, soit de manière beaucoup plus terre à terre, par les aspects matériels de leur fonction élective. Jean Rottner, l’actuel président du Conseil régional, avait par exemple organisé à l’époque, une pétition ayant recueilli 50 000 signatures pour exiger le maintien de la région Alsace. Aujourd’hui, depuis qu’il est devenu président du Grand Est, il dit exactement le contraire.
Peut-on faire confiance à de tels partisans du Grand Est ? »