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Œufs ukrainiens : Attention, danger !

Face aux importations massives d’œufs non conformes aux normes européennes, la filière française interpelle les pouvoirs publics et les distributeurs.

oeufs- (UnlimpPhotos)
oeufs- (UnlimpPhotos)

Depuis le printemps 2025, une polémique enfle dans les rayons des supermarchés français. Les professionnels de la filière œuf, regroupés au sein du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO), tirent la sonnette d’alarme : des œufs ukrainiens issus de poules élevées en cage sont massivement commercialisés par les grandes enseignes françaises, en violation des standards européens.

Des résidus d’antibiotiques interdits détectés

La situation a pris une tournure inquiétante en août 2025 avec plusieurs alertes sanitaires européennes et françaises. Ces œufs importés contiennent des résidus d’antibiotiques strictement interdits dans l’Union européenne depuis plus de quinze ans, faisant peser un risque sanitaire majeur sur les consommateurs français.
« Ces importations représentent un danger réel alors que nos producteurs appliquent des règles sanitaires parmi les plus exigeantes au monde », déplore le CNPO, qui exige un renforcement immédiat des contrôles de conformité.

Le double discours des distributeurs pointé du doigt

Au-delà des questions sanitaires, les professionnels français dénoncent une « concurrence déloyale » de la part des grandes surfaces. Ces dernières, qui ont pourtant imposé aux éleveurs français un calendrier serré pour abandonner l’élevage en cage, continuent paradoxalement de vendre des œufs ukrainiens produits dans ces mêmes conditions qu’elles réprouvent.
Cette contradiction est d’autant plus criante que ces œufs importés ne respectent pas non plus l’engagement sur l’ovosexage, technique permettant d’éviter l’élimination de millions de poussins mâles.

Une filière française dynamique menacée

Pourtant, les œufs français n’ont jamais été aussi populaires. Avec 7 milliards d’œufs consommés en 2024 (soit 300 millions de plus qu’en 2023), la demande atteint des niveaux records. Pour y répondre, la filière française s’est fixé des objectifs ambitieux à l’horizon 2030 : construire 300 nouveaux poulaillers et porter à 90% la part des poules pondeuses élevées en systèmes alternatifs.
Des investissements que cette concurrence déloyale pourrait compromettre, menaçant du même coup la souveraineté alimentaire française.

Appel à la mobilisation

Face à cette situation, le CNPO multiplie les recours. Après la démission en juillet des représentants de la grande distribution de l’Interprofession, l’organisation réclame une réunion d’urgence pour obtenir des explications et des solutions.
En attendant, les professionnels appellent les consommateurs à privilégier les œufs portant le logo « Œufs de France », garantie d’une production locale respectueuse des normes sanitaires et de bien-être animal.

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