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Les mauvais chiffres de l’économie française

En 2023, le déficit public s’élève à 5,5 % du PIB, la dette publique à 110,6 % du PIB selon l’Insee. Ce dérapage met le gouvernement dans l’embarras.

Bruno Le Maire à l'assemblée nationale (twitter)
Bruno Le Maire à l’assemblée nationale (twitter)

Le déficit public pour 2023 s’établit à 154,0 Md€, soit 5,5 % du produit intérieur brut (PIB), après 4,8 % en 2022 et 6,6 % en 2021, révèle l’Insee. Bercy tablait sur un déficit à 4,9% comme inscrit dans la loi de finances pour 2024.
Les recettes ralentissent nettement en 2023 : elles progressent de 2,0 % après +7,4 % en 2022.
Le taux de prélèvements obligatoires diminue et s’établit à 43,5 % du PIB après 45,2 % en 2022, à un niveau proche de l’avant Covid (43,9 % en 2019). Les dépenses ralentissent un peu : elles augmentent cependant de 3,7 % après +4,0 % en 2022. En proportion du PIB, les dépenses continuent de reculer et s’établissent à 57,3 % du PIB après 58,8 % en 2022 et 59,6 % en 2021, cependant, elles demeurent sensiblement supérieures à l’avant Covid (55,2 % du PIB en 2019). La dette des administrations publiques au sens de Maastricht atteint 110,6 % du PIB fin 2023 après 111,9 % fin 2022 ; elle était de 97,9 % du PIB en 2019.

Des inquiétudes pour l’avenir

L’annonce de ces mauvais chiffres pour l’économie française a fait réagir, à commencer par le premier président de la Cour des comptes. Invité de France-Inter, Pierre Moscovici interroge : « Comment voulez-vous investir dans l’avenir, la transition énergétique, le numérique, la recherche, la défense quand nous sommes endettés à 110% du PIB ? La charge de la dette est déjà 57 milliards d’euros par an et ce sera 87 milliards d’euros d’ici 2027. »
L’opposition n’est pas en reste. « On est sur le même chemin que la Grèce » annonce le patron des Républicains, Eric Ciotti. « Emmanuel Macron sera l’homme des 1.000 milliards de dettes ».
Le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, lyrique : « Les deux mandats d’Emmanuel Macron, qu’on qualifiait de Mozart de la finance, risquent de s’achever sur un requiem pour les finances publiques. »

« Des escrocs en col blanc »

Quant au secrétaire général du PCF, il ne fait pas dans la demi-mesure. Il accuse le gouvernement d’être composé « d’escrocs en col blanc… Qui ont fait des cadeaux impossibles aux plus riches, au capital, aux dividendes, au CAC 40 ! »
Il est vrai que la dette est abyssale, les déficits gigantesques et qu’il faudra bien payer un jour. Mais Bruno Le Maire, ministre de l’Économie depuis sept ans, se berce encore d’illusions : « Croyez-moi, ma détermination à rétablir les finances publiques et à repasser sous les 3% de déficit public en 2027 est intacte, je dirai même qu’elle est totale. »
Mais qui peut encore le croire ?

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