« Meurs monstre meurs », d’un ennui mortel

Sélectionné à Cannes l’an dernier, et en janvier au Festival de Gérardmer, le film de Alejandro Fadel est un cauchemar d’une infinie lenteur.

Des femmes décapitées, un homme qui entend des voix, un monstre qui rôde… D’abord intrigant, perturbant, le film devient vite lassant.
Des femmes décapitées, un homme qui entend des voix, un monstre qui rôde… D’abord intrigant, perturbant, le film devient vite lassant.

C’est un film de zombies, « The dead don’t die » de Jim Jarmusch, qui fera ce soir l’ouverture du Festival de Cannes, où avait été sélectionné l’an dernier à « Un certain regard » un autre film d’horreur, « Meurs monstre meurs » de Alejandro Fadel (sortie le 15 mai), également présenté en janvier au Festival du Film Fantastique de Gérardmer.

Juste avant le festival vosgien, était sorti en salles un autre film cannois, « Border » de Ala Abbasi, qui avait d’ailleurs reçu le Prix Un certain regard, et prouvait qu’un film d’horreur peut aussi être un film d’auteur. Le cinéaste argentin Alejandro Fadel avait certainement la même ambition, mais si « Meurs monstre meurs » se fait d’abord intrigant, perturbant, il devient ensuite lassant. S’il y est dit que l’ennui mène à l’horreur, ici c’est l’horreur qui mène à l’ennui, ce film est d’une lenteur infinie, pour s’achever en un cauchemar hallucinant.

Le récit est ainsi aussi aride que les paysages dans lesquels il se déroule, dans la Cordillère des Andes, où est retrouvé un corps de femme sans tête. Son amant, un policier, mène l’enquête, et le mari est vite suspecté. Envoyé en hôpital psy, celui-ci prétend entendre des voix, cette voix qui lui murmure « Meurs monstre meurs », cette phrase dans la tête qui le convainc : « Je suis maudit ».

Une autre femme disparait, on retrouve une autre tête arrachée à coups de morsures, un croc dans le crâne, puis une troisième victime… Comme un exposé de réflexion sur la peur, le chef de la police énumère une longue liste des frayeurs. C’est dans l’obscurité, pendant une ronde nocturne de motos, que se fait enfin voir le monstre à longue queue et bave verte. Et c’est effectivement tout ce qu’on lui souhaite alors, meurs monstre meurs.

Patrick TARDIT

« Meurs monstre meurs », un film de Alejandro Fadel (sortie le 15 mai).