L’or a subi vendredi 30 janvier une chute de plus de 9%, sa plus forte baisse en plus de dix ans, et la baisse s’est poursuivie lundi 2 février avec une nouvelle diminution d’environ 4%.

Quelques éléments clés sur cette chute spectaculaire
L’ampleur de la correction : Après avoir atteint un record historique jeudi dernier à près de 5 600 dollars l’once, le cours a plongé de 500 dollars en quelques heures. En moins d’une demi-heure, la capitalisation cumulée de l’or et de l’argent s’est contractée de 5 900 milliards de dollars.
La cause principale : Cette chute est directement liée à la nomination de Kevin Warsh par Donald Trump pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Fed. Warsh est perçu comme un président de la Fed plus indépendant qui serait moins enclin à baisser les taux d’intérêt, ce qui a apaisé les inquiétudes et entraîné une appréciation du dollar.
Le mécanisme : Les fonds d’investissement avaient massivement parié sur la hausse de l’or, parfois en empruntant. Face aux premiers signes de baisse, tout le monde a voulu sortir en même temps, les programmes automatiques amplifiant le mouvement.
Il s’agit donc d’un véritable « krach éclair » des métaux précieux, l’argent ayant d’ailleurs été encore plus touché avec une chute historique de 27% en fin de semaine dernière.
L’or, un “thermomètre” de l’inquiétude
Quand l’or chute, ce n’est pas qu’une histoire de bijouterie ou de lingots. C’est souvent le signe que quelque chose bouge en profondeur dans l’économie mondiale. Explications.
Depuis toujours, l’or est considéré comme une valeur refuge. En période de crise, de guerre ou d’inflation, les investisseurs s’y réfugient pour protéger leur argent. À l’inverse, quand l’or baisse fortement, cela signifie souvent que la peur recule… ou que les règles du jeu changent.
En clair : si l’or dégringole, c’est que les investisseurs pensent pouvoir gagner davantage ailleurs.
Quand l’argent quitte l’or, où va-t-il ?
La baisse de l’or libère des capitaux qui sont généralement redirigés vers :
- Les actions, notamment celles des entreprises jugées plus dynamiques
- Les placements à intérêts, comme les obligations ou les livrets liés aux taux,
- Le dollar, qui devient plus attractif lorsque les taux montent.
Résultat : certains marchés montent pendant que l’or recule, créant un effet de vases communicants.
Des conséquences visibles en Bourse
La première victime de la chute de l’or, ce sont les entreprises minières. Leur activité dépend directement du prix du métal : quand il baisse, leurs bénéfices fondent. Leurs actions chutent souvent encore plus vite que l’or lui-même.
Mais l’impact ne s’arrête pas là. La baisse de l’or peut aussi : donner un coup de pouce aux banques, qui profitent de taux plus élevés, favoriser les entreprises industrielles et technologiques, si le climat économique semble plus favorable, pénaliser les pays dont l’économie dépend des matières premières.
Attention toutefois : une chute brutale de l’or peut aussi révéler un excès de confiance. Si les perspectives économiques se dégradent soudainement (crise géopolitique, choc financier, ralentissement brutal), l’or redevient rapidement attractif.
En Bourse, l’or agit souvent comme un signal d’alerte différé : quand il baisse trop vite, il rappelle que l’équilibre reste fragile.
Une gamelle en or
En fin de semaine dernière, le cours de l’or s’est ramassé une gamelle d’anthologie, passant de 5600 4800 dollars par once en quelques heures. Derrière cette chute brutale, la nomination d’un nouveau patron à la Banque centrale américaine dont on nous dit qu’il… pic.twitter.com/fe8dHoBO07
— Institut des Libertés (@IdLibertes) February 1, 2026
🥶 La chute de l’or et de l’argent continue..
Or -10%
Argent -14%4000 millards de dollars viennent de disparaître en seulement quelques heures 🩸
Et une nouvelle fois, ce sont les derniers entrants qui se font avoir.. pic.twitter.com/ncMZjEIOEL
— Le média de l’investisseur (@le_investisseur) February 2, 2026