La guerre en Iran a fini par montrer la faiblesse militaire des Etats-Unis et favorise la recomposition des alliances internationales. Le centre de gravité économique se déplace vers la Chine.

La guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran a été une erreur géopolitique monumentale dont les répercussions à long terme ne sont pas encore mesurables. Cette guerre asymétrique a le mérite de montrer que le monde d’hier, issu des accords de Yalta de 1945, a vécu. Il ne suffit plus à la Grande Amérique de montrer les muscles pour imposer sa loi au reste de la planète. Les gros B-52, les énormes porte-avions de l’US Navy, les missiles de longue portée appartiendront bientôt au passé. Ils coûtent trop cher à fabriquer et à entretenir. Les stocks des munitions s’épuisent à vue d’œil depuis la guerre contre l’Iran, le 28 février 2026. Selon les observateurs militaires, l’armée américaine a tiré plus d’un millier de missiles de croisière Tomahawk et entre 1 500 et 2 000 missiles de défense aérienne, parmi lesquels des systèmes Patriot, Thaad ou encore Standard Missile. Mais aussi plus de 1000 missiles de longue portée JASSM-ER, conçus précisément pour un affrontement avec la Chine. La reconstitution des stocks sera longue et pourrait même être problématique puisque de plus en plus de munition nécessitent l’utilisation de terres rares et de composants venus…. de Chine.
Blocus d’Ormuz et ses conséquences
Malgré les bombardements et la décapitation du régime des Mollahs, Téhéran n’a pas capitulé. Dans cette guerre asymétrique l’Iran a joué sur le temps long. Avec deux objectifs. Un : provoquer une crise économique mondiale imputable au couple israélo-américain. Deux : nouer de nouveaux accords de défense militaire avec des pays du Moyen-Orient, mais surtout avec la Chine et la Russie pour affaiblir durablement l’Occident. Pari gagné.
De fait, le blocus du détroit d’Ormuz depuis fin février 2026 a provoqué le plus grand choc de l’offre énergétique de l’histoire récente, avec des répercussions majeures sur l’économie mondiale. La crise a provoqué : la hausse du pétrole, du gaz et des transports. Hausse qui se répercute progressivement sur les prix à la pompe, les produits industriels, l’alimentation, les coûts des produits agricoles.
Mais aussi une explosion des primes d’assurance contre les risques de guerre et l’allongement des routes commerciales.
Le blocage du détroit d’Ormuz présente un risque majeur pour les engrais et l’agriculture puisque le Golfe est une zone essentielle du commerce de l’urée, de l’ammoniac et du soufre indispensable à la production d’engrais phosphatés. Si les paysans n’ont pas d’engrais à l’automne, ils n’auront pas de récolte en 2027 ! Les populations les plus vulnérables, notamment en Afrique et en Asie du Sud, seront les premières exposées.
La crise d’Ormuz n’a pas encore plongé le monde dans le chaos, mais elle a révélé la vulnérabilité extrême de l’économie mondiale face à un seul goulot d’étranglement stratégique : une crise prolongée pourrait désormais se transformer en choc durable sur l’énergie, l’inflation, l’agriculture et la sécurité alimentaire, avec un risque particulièrement élevé à l’horizon 2027.
Une réécriture des accords mondiaux
Si l’Iran a résisté aux deux plus grandes puissances militaires du monde (en dehors de la Chine), elle le doit d’abord à la résilience de son peuple et à la lucidité de ses dirigeants face à un Donald Trump irréfléchi et inconséquent. Elle le doit ensuite à ses partenaires : Chine et Russie qui, avec d’autres, profitent de la faiblesse des Etats-Unis pour réorganiser les alliances.
On se souvient du pacte conclu entre l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie à La Mecque, le 7 août. C’est l’une des conséquences majeures de l’attaque américano-israélienne du 28 février contre l’Iran. Il a remis en cause de vieux équilibres au Moyen-Orient. Ce pacte tripartite, inspiré de la structure de l’OTAN, marque un tournant majeur : l’émancipation progressive des puissances régionales vis-à-vis des garanties de sécurité américaines devenues imprévisibles.
Il y a aussi ces rapprochements entre l’Iran, la Chine et la Russie qui ont formalisé un pacte stratégique global trilatéral début février 2026. L’accord est présenté comme un cadre de coordination politique, économique, énergétique, diplomatique et de sécurité, qualifié de « pierre angulaire d’un nouvel ordre multipolaire ».
Ce pacte s’inscrit dans un contexte de rapprochement déjà en cours (exercices navals conjoints, échanges économiques et technologiques, opposition partagée à la pression occidentale). Des analyses ultérieures le situent dans un alignement plus large (parfois appelé « axis of upheaval » ou similaire avec la Corée du Nord), tout en soulignant ses limites : coopération réelle mais contrainte par les intérêts nationaux de chacun et l’absence d’engagement militaire automatique.
Bref, l’Iran a résisté aux puissants assauts israélo-américains et, curieusement, s’est même renforcé militairement. La guerre contre l’Iran fait naître un nouveau du monde bipolaire marqué par un détachement des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, mais aussi Iran, Egypte etc.) de l’emprise de l’Occident. Le Grand Sud, comme on l’appelle, apparaît comme une force démographique en pleine croissance, possédant d’immenses ressources naturelles et minières, une influence géopolitique grandissante grâce au multi-alignement, ainsi que des marchés intérieurs immenses qui déplacent le centre de gravité économique mondial. Et offre une alternative aux institutions économiques mondiales dominées jusqu’ici par les pays occidentaux.
🚨 BREAKING
🇨🇳🇮🇷 China sent 4 ships carrying missile fuel to Iran.
US planes won’t leave the sky now. pic.twitter.com/T2Xo9jyMdv
— Russia X 🇷🇺 (@Rusia_HD) August 20, 2026
🚨 Breaking News:
« Pakistan has directly warned Israel that any attack on Turkey will be met with a nuclear attack on Israel by Pakistan. »☢️💥 pic.twitter.com/ktOq7sow8s
— Iran Army (@Iran_Army_Stan) August 21, 2026