Sous la coordination de l’Université de Lorraine, le projet européen URBLOOM (2026-2029) entend repenser les platebandes fleuries des villes pour répondre à un double défi : préserver les pollinisateurs et faire face aux sécheresses de plus en plus fréquentes.

Menée dans neuf villes européennes, cette recherche ambitionne de transformer durablement les pratiques de fleurissement urbain.
Des massifs urbains plus beaux, mais surtout plus utiles
Abeilles sauvages, bourdons, papillons et syrphes jouent un rôle essentiel dans le maintien de la biodiversité. Pourtant, leurs populations connaissent un déclin marqué depuis une vingtaine d’années.
Dans ce contexte, les espaces verts urbains apparaissent comme de véritables refuges. Mais les plantations ornementales actuellement utilisées dans de nombreuses villes européennes privilégient souvent l’esthétique au détriment de leur intérêt écologique. Elles nécessitent aussi des arrosages fréquents et supportent mal les fortes chaleurs liées au changement climatique.
Le projet URBLOOM propose donc d’imaginer une nouvelle génération de massifs fleuris capables de concilier :
- attractivité pour les pollinisateurs ;
- résistance à la sécheresse ;
- gestion durable et économe en eau ;
- qualité paysagère.
Neuf villes européennes mobilisées
Le projet réunit des chercheurs, collectivités et acteurs de terrain dans neuf villes représentant trois grandes régions bioclimatiques européennes : Paris, Villeneuve-d’Ascq, Nancy, Toulouse, Marseille, Berlin, Munich, Genève, Vitoria-Gasteiz.
Dans chacune de ces villes, des expérimentations seront conduites dans les espaces verts publics afin de comparer les performances de différentes compositions florales.
Concevoir les platebandes du futur grâce aux sciences
Les chercheurs analyseront les caractéristiques des fleurs : couleur, forme, période de floraison, tolérance au stress hydrique, à l’aide de protocoles standardisés afin de garantir des résultats comparables à l’échelle européenne.
Le projet développera également une méthode non létale pour identifier les grands groupes de pollinisateurs, tout en associant activement les citoyens, les scolaires et les gestionnaires d’espaces verts à leur observation.
Cette approche mêlant écologie et sciences sociales permettra aussi d’évaluer l’acceptation de ces nouveaux aménagements par les habitants.
Nancy, laboratoire grandeur nature
Nancy jouera un rôle central dans cette expérimentation. Cinq sites de la ville accueilleront, dès 2027, des massifs fleuris testés dans le cadre du projet.
Les espèces végétales seront sélectionnées en concertation avec les agents municipaux, les collectivités partenaires et les chercheurs. Des suivis réguliers permettront de mesurer les caractéristiques des fleurs et de recenser les insectes visiteurs.
Les habitants et usagers des parcs seront également interrogés afin de mieux comprendre leur perception de ces aménagements innovants.
Vers une nouvelle vision du paysage urbain
Si les résultats sont concluants, URBLOOM pourrait faire évoluer en profondeur les politiques de fleurissement des villes européennes.
L’objectif est de passer d’une logique principalement décorative à une approche fonctionnelle, dans laquelle les massifs fleuris deviennent de véritables infrastructures écologiques au service de la biodiversité et de l’adaptation climatique.
Un consortium scientifique international
Outre l’Université de Lorraine, le projet rassemble notamment Sorbonne Université, Université de Lille, Aix-Marseille Université, Technical University of Munich, Basque Centre for Climate Change, HEPIA Genève ainsi que le Museum für Naturkunde.
Une expertise portée par Alice Michelot Antalik
Le projet est porté à l’Université de Lorraine par Alice Michelot Antalik, professeure en agroécologie à l’ENSAIA et responsable de l’axe 2 du Laboratoire Agronomie et Environnement.
Grâce à URBLOOM, les villes européennes pourraient bientôt disposer de massifs fleuris plus résilients, plus économes en eau et mieux adaptés aux besoins des pollinisateurs, au bénéfice de la biodiversité urbaine et de la qualité de vie des habitants.