Le comité Nobel norvégien a distingué ce vendredi à Oslo l’ancienne haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, aujourd’hui juge à la Cour internationale de Justice. À 85 ans, Navanethem « Navi » Pillay est récompensée pour son action en faveur de la paix et du droit international, à un moment où les institutions judiciaires internationales sont sous pression politique.

Le prix Nobel de la paix 2026 revient à Navanethem « Navi » Pillay. L’annonce a été faite ce vendredi par Jørgen Watne Frydnes, président du comité Nobel norvégien, qui a précisé n’avoir pas encore pu joindre la lauréate pour l’en informer. Née en Afrique du Sud, la juriste de 85 ans siège aujourd’hui à la Cour internationale de Justice (CIJ). Le comité avait enregistré 287 candidatures cette année.
Un hommage à la justice internationale
Dans son communiqué, le comité souligne que la lauréate a joué un rôle déterminant pour que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide soient poursuivis. Jørgen Watne Frydnes a insisté sur le contexte : selon lui, le droit international subit de fortes pressions, ses institutions sont la cible d’attaques et l’on observe un glissement vers la politique de puissance au détriment des cadres juridiques.
Pour le comité, la capacité de résoudre les conflits sans violence dépend de l’État de droit international, et ce sont les juges qui tiennent la frontière entre l’ordre et le chaos.
De l’apartheid à La Haye
Née en 1941 dans un quartier modeste de Durban, au sein d’une famille d’origine tamoule, Navi Pillay a poursuivi ses études de droit, notamment à Harvard grâce à une bourse. Sous l’apartheid, elle a défendu des militants de la lutte antiapartheid, dont Nelson Mandela, lui-même lauréat du Nobel de la paix. La ville de Sydney, qui lui a remis son prix de la paix en 2025, rappelle qu’elle fut la première femme de couleur à ouvrir un cabinet d’avocats dans la province du Natal.
Sa carrière s’est ensuite déployée à l’international. Juge puis présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda, elle a siégé à la Cour pénale internationale avant d’être nommée haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme par Ban Ki-moon, en 2008. Elle a plus récemment présidé la commission d’enquête indépendante de l’ONU sur le territoire palestinien occupé et sur Israël.
Une figure qui ne fait pas l’unanimité
En septembre 2025, cette commission a conclu qu’Israël commettait un génocide à Gaza, évoquant une politique visant « la destruction systématique de la vie palestinienne », selon le compte rendu d’ONU Info. Cette conclusion est rejetée par Israël. Elle ne manquera pas de nourrir le débat autour de l’attribution du prix.
Navi Pillay avait déjà reçu le prix de la paix de Sydney en 2025, puis le prix Olof Palme 2026, partagé avec le juriste sud-africain John Dugard. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a salué l’annonce de ce vendredi.
Un prix décerné dans un contexte très médiatisé
Le Nobel récompense cette année une magistrate, alors que le président américain Donald Trump, dont les dirigeants du Cambodge, d’Israël et du Pakistan ont dit avoir proposé la candidature, a répété vouloir obtenir ce prix. Le comité ne confirme jamais l’identité des candidats. En 2025, la distinction était allée à l’opposante vénézuélienne María Corina Machado.
Repères
Lauréate : Navanethem « Navi » Pillay, 85 ans, juge à la CIJ, ancienne haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.
Motif : ses efforts en faveur de la paix et du droit international.
Dotation : 12 millions de couronnes suédoises (environ 1,07 million d’euros).
Remise du prix : 10 décembre 2026, à Oslo.
Le prix Nobel de la paix décerné à la juriste sud-africaine Navi Pillay, qui accuse Israël de génocide
https://t.co/ECn4vFGpRz— i24NEWS Français (@i24NEWS_FR) October 9, 2026
BREAKING NEWS
The Norwegian Nobel Committee has decided to award the 2026 #NobelPeacePrize to Navanethem “Navi” Pillay for her efforts to promote peace and international law.#NobelPrize https://t.co/97vurspw6z
— The Nobel Prize (@NobelPrize) October 9, 2026