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Qui place des pièges sur les chemins forestiers ?

Le phénomène n’est pas nouveau mais il s’aggrave. Ce qui inquiète l’association Mountain Bikers Fondation.

piège à clous
Un piège à clous (photo MBF)

Des motards victimes de fils tendus dans les bois, en Dordogne, c’était en mai 2019. Un vététiste blessé à la gorge par « un fil mince et solide » tendu à hauteur de visage, c’était au mois d’août, en Isère. En septembre 2019, des pièges ont été placés dans les bois de Champey, petite commune de Meurthe-et-Moselle. Dans le massif vosgien comme dans toutes les régions de France, il n’est pas rare de trouver des pièges de toute nature : pièges à clous, pièges barbelés, pièges planche. Il y a aussi les tessons de verre, les rochers déplacés en sortie de virage, les herses, les pièges à loup et les fers à béton plantés en terre comme des pieux.

Piège barbelés (photo MBF)

« Ce sont des actes criminels qui peuvent blesser voire tuer » enrage un vététiste lorrain qui, à plusieurs reprises, a failli être victime de l’un de ces pièges. Mais qu’ils soient vététistes, cavaliers, motards ou simples randonneurs, tous les utilisateurs des chemins forestiers sont aujourd’hui, sinon inquiets, du moins très prudents.

Difficile cohabitation

Qui joue ainsi avec la vie des gens ? « C’est difficile à dire » explique prudemment Pierre Depaillet, administrateur de l’association Mountain Bikers Fondation préoccupé par le phénomène. MBF demande à « ses adhérents confrontés à ce genre de problèmes de porter plainte car c’est aux autorités compétentes de faire la recherche des responsables de ses actes ».

Autre piège à clous (Photo MBF)
Autre piège à clous (Photo MBF)

La nature appartient à tout le monde et doit donc être partagée entre les randonneurs, qu’ils soient à pied, à vélo, à cheval ou à moto, les éleveurs mais aussi les chasseurs ou les simples cueilleurs de champignons. La cohabitation est parfois difficile, voire impossible.
Le 13 octobre 2018, Mark Sutton, un restaurateur de 34 ans originaire du Pays de Galles mais vivant en France depuis quatre ans, « a été victime d’un accident de chasse » à Montbriond, en Haute-Savoie, nous apprend Le Dauphiné Libéré. La mort accidentelle du vététiste a conduit le maire de la commune à interdire, provisoirement, la chasse sur sa commune.
A la suite de cet accident, MBF a lancé une campagne #ZeroMort visant à améliorer la sécurité dans les zones de battues. Il s’agit d’utiliser les nouvelles technologies pour s’informer mutuellement, chasseurs et randonneurs, des zones géographiques dans lesquelles ils se trouvent. L’expérience en Isère a été concluante.
« MBF se veut être un partenaire constructif des chasseurs » souligne l’association. La preuve ? Une convention sera signée entre MBF et la Fédération Nationale de la Chasse (FNC) lors de l’AG des chasseurs en mars 2020. Il aura fallu plus d’un an pour que le texte soit enfin accepté par les deux parties.
Ce rapprochement entre les principaux utilisateurs de la nature devrait apaiser les choses et dissuader les poseurs de pièges de poursuivre leur activité criminelle.

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