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Terreur, là-haut dans la montagne

TF1 diffuse « Le saut du diable » ce jeudi soir, un téléfilm efficace réalisé par Abel Ferry, qui a des attaches en Lorraine.

Une fois de plus, Abel Ferry entraîne ses personnages dans des mésaventures dangereuses en altitude.

« Vertige », « Piège blanc », « Le saut du diable »… Assurément, les titres des films tournés par Abel Ferry annoncent la couleur : il y a aura de l’action et de la montagne. Réalisateur et scénariste né à Annecy, il prend un malin plaisir à entraîner ses personnages dans des mésaventures dangereuses en altitude. Dans son premier long-métrage, « Vertige », distribué au cinéma par Gaumont (2009), l’escapade d’un groupe de jeunes alpinistes (dont Fanny Valette, Maud Wyler, Johan Libéreau…) virait au drame et à la poursuite. Conditions extrêmes encore avec « Piège blanc » (2014), le « premier téléfilm catastrophe français », diffusé sur France 2 : une plate-forme qui s’écroule, une tempête, des victimes…

Programmé ce jeudi soir 17 juin sur TF1, « Le saut du diable » est tout aussi spectaculaire. Ce qui devrait être une simple randonnée, entre un père ancien des forces spéciales (joué par Philippe Bas) et sa grande fille Sara qui va avoir ses 17 ans (Maïra Schmitt), ne vas pas se passer aussi tranquillement que prévu. La demoiselle tombe sur un groupe d’hommes, des migrants encadrés par des passeurs surarmés, et filme avec son portable une tentative de meurtre. Au lieu de fêter leurs anniversaires le samedi soir dans un refuge, père et fille ont la mort aux trousses, traqués par les tueurs, lors d’une chasse à l’homme dans la montagne et les torrents.

Projectionniste à Gérardmer, « par plaisir »

Abel Ferry le Savoyard a aussi de fortes attaches en Lorraine, du côté de Lunéville, et des habitudes dans un autre massif montagneux, les Vosges, où le réalisateur vient faire le projectionniste à Gérardmer, « pour le plaisir », pendant le Festival du Film Fantastique et les Rencontres du Cinéma. Des rendez-vous annulés cette année, pour cause de pandémie, mais qu’il compte bien réinscrire sur son agenda de 2022 : « S’ils veulent toujours de moi, je continuerai de faire le projectionniste à Gérardmer », assure-t-il.

Avec une succession d’enchaînements dramatiques, « Le saut du diable » est un téléfilm efficace et accrocheur. « J’ai d’autres projets qui n’ont pas lieu en montagne, mais c’est celui-ci qui a eu le feu vert avant les autres », dit-il. Initialement prévu dans la vallée de La Roya, il a finalement été tourné dans la vallée de la Maurienne, en décors naturels, dont un fort désaffecté qui devait être le repaire du méchant dans « Vertige ». 25 jours de tournage en pleine nature, les aléas de la météo, et des acteurs qui crapahutent, plongés dans l’eau froide d’un ravin. « Rien n’est truqué, Philippe Bas n’avait pas de doublure », dit Abel Ferry, qui retrouve le comédien qu’il avait dirigé dans « Piège blanc », cette fois coproducteur du « Saut du diable » : « Avec le scénariste Eric Rondeaux, on avait envisagé une suite à Piège blanc, ça n’avait pas marché, mais il y avait une volonté de bosser ensemble avec Philippe, et on lui a proposé ce projet », précise le réalisateur.

Un sujet sensible, la crise des migrants

« J’aimerais faire d’autres choses, il faut que je m’affranchisse de la montagne », reconnaît Abel Ferry (Photo Grégory YETCHMENIZA/Le Dauphiné Libéré).

L’acteur incarne ainsi un personnage taiseux, renfermé, un ancien soldat qui souffre du syndrome post-traumatique ; et le téléfilm évoque aussi la crise des migrants, une thématique rare dans une fiction grand public, un soir de grande audience. « La première version s’appelait Le Passeur », confie Abel Ferry, « Je trouvais que c’était bien de parler de ça, le sujet pouvait être sensible mais je suis content qu’on ait réussi à en parler à travers un film d’aventure, on a essayé d’être le plus sincère possible sur leur histoire, mais on est bien en-dessous de la réalité de ce qu’ils peuvent vivre ».

Une diffusion en prime-time sur TF1, il y aurait de quoi avoir la pression, mais Abel Ferry a le sentiment du travail accompli : « Je suis assez tranquille avec ça, ça m’échappe, je pense que les responsables de la chaîne l’ont plus ; j’imagine bien que plus il y a d’audience, plus tout le monde est content ». Dans ses tiroirs, le réalisateur a trois projets de long-métrage, dont un accident d’avion en montagne : « J’aimerais faire d’autres choses, il faut que je m’affranchisse de la montagne ». Donc il y a aussi l’adaptation d’une bédé de science-fiction et celle d’un roman de Valentin Musso (le frère de Guillaume), « Une vraie famille ». Une histoire de séquestration, sans cordes ni piolets, ni poursuite ni neige, ni cascade du diable : « Juste un truc dans une maison avec trois personnages ».

Patrick TARDIT

« Le saut du diable », un téléfilm réalisé par Abel Ferry, avec Philippe Bas et Maïra Schmitt, ce jeudi soir 17 juin à 21H05 sur TF1.

Partis en randonnée, un père (joué par Philippe Bas) et sa grande fille Sara (Maïra Schmitt) tentent d’échapper à des tueurs à travers la montagne (© Nicolas Gouhier / TF1).

 

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