« We the animals », l’enfance en liberté

Le film de Jeremiah Zagar a reçu le Prix de la Révélation au Festival de Deauville.

Jonah dessine en cachette, raconte sa vie et s’invente un monde car il se sent et se sait « différent ».
Jonah dessine en cachette, raconte sa vie et s’invente un monde car il se sent et se sait « différent ».

Après avoir réalisé des documentaires, Jeremiah Zagar présentait son premier long-métrage de fiction, « We the animals » (sortie le 13 mars), au Festival du Cinéma Américain de Deauville. Si sa sélection au festival normand lui avait fait sentir qu’il faisait partie du cinéma américain, il en est d’ailleurs reparti avec le Prix de la Révélation.

« C’est une histoire personnelle, proche de celle de ma famille, mais je pense aussi que c’est une histoire universelle. J’ai voulu apporter du lyrisme, transcender cette histoire, je ne savais pas comment Jeremiah Zagar allait le retranscrire », confiait à Deauville l’écrivain Justin Torres, auteur du roman (« Vie animale ») dont le film est adapté. « Quand j’étais enfant, j’étais gros et seul, et j’allais au cinéma à Philadelphie pour tromper ma solitude », ajoutait Jeremiah Zagar. Et c’est de la solitude d’un enfant que parle « We the animals » : Jonah, qui appartient pourtant à une famille nombreuse, il a deux frères, Manny et Joel, et des parents qui s’aiment autant qu’ils se déchirent.

Dans une maison isolée, les trois frangins sont livrés à eux-mêmes, libres de partir à l’aventure. Jonah, lui, dessine en cachette, raconte sa vie et s’invente un monde car il se sent et se sait « différent » ; des dessins qui prennent vie dans des séquences d’animation, une échappée vers l’imaginaire. Avec un esthétisme éthéré, c’est toute la tendresse et la naïveté de l’enfance qu’évoque « We the animals ».

Patrick TARDIT

« We the animals », un film de Jeremiah Zagar (sortie le 13 mars).