« Fukushima », récit d’une catastrophe

C’est par le biais d’une fiction que le cinéaste japonais Futoshi Sato raconte cet effroyable gâchis, qui a menacé le pays.

Le film raconte ces journées dramatiques, qui ont fait trembler le Japon, à travers plusieurs personnages.
Le film raconte ces journées dramatiques, qui ont fait trembler le Japon, à travers plusieurs personnages.

Le 11 mars 2011 a débuté « la plus grave crise du Japon depuis la guerre » ; d’abord un tremblement de terre, un « grand séisme », un grondement sourd suivi d’une vague géante, un tsunami, qui déclenche des réactions en chaîne dans la centrale nucléaire de Fukushima. C’est ce jour et les jours suivants que raconte le cinéaste japonais Futoshi Sato dans son film, « Fukushima, le couvercle du soleil » (sortie le 6 mars). Si, dans sa fabrication, cette fiction présente quelques maladresses, elle a le mérite de raconter cet effroyable gâchis d’après plusieurs points de vue, et de rappeler quel incroyable raté ce fut pour le gouvernement japonais.

Le récit se fait en effet par l’intermédiaire de plusieurs personnages, dont le directeur adjoint du cabinet du Premier ministre, auteur plus tard d’un livre sur le sujet, matière première de ce film ; un journaliste, accrédité à la résidence du Premier ministre Naoto Kan, le cœur du pouvoir ; l’épouse du journaliste, seule avec leur enfant, et dans l’inconnu de ce qui se passe, comme l’ensemble de la population ; des habitants des villages proches de Fukushima, dont un jeune employé de la centrale, théoriquement en congé mais qui va rejoindre son lieu de travail, par sens du devoir.

Ce que montre ce film, c’est avant tout l’agitation en salle de crise, les erreurs, les lourdeurs administratives, l’incompétence, ces fonctionnaires impuissants réduits à se prendre la tête dans les mains, et le gouvernement complétement désemparé, toujours en retard sur l’information. Le Premier ministre quitte ainsi son QG pour aller au siège de la compagnie d’électricité privée, qui contrôle la centrale nucléaire (!?), bien mieux informée de la situation que le gouvernement lui-même.

Secousses à répétition, vague géante, incendie, explosion, la dégradation progressive entraîne un état d’urgence surs les côtes japonaises, jusqu’à menacer Tokyo, un enchainement diabolique aux conséquences aussi dramatiques qu’inconnues. Bien sûr, « Fukushima, le couvercle du soleil » n’est pas rassurant quant à la sécurité nucléaire, et rempli alors sa fonction d’alerte, attention : danger !

Patrick TARDIT

« Fukushima, le couvercle du soleil », un film de Futoshi Sato (sortie le 6 mars).

Une projection aura lieu le dimanche 17 mars à 16h15 au Caméo Saint-Sébastien à Nancy, séance suivie d’un débat avec la présence exceptionnelle de Tamiyoshi Tachibana, producteur et ancien conseiller régional de la préfecture d’Okayama, Kolin Kobayashi, journaliste indépendant, président de l’Association Echo Echanges, membre du comité d’organisation du Forum social mondial antinucléaire, représentant du film en France, et le CLANCHE, Comité Lunévillois Anti Nucléaire et Contre l’Hérésie de l’Enfouissement.