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Pékin accueille les Jeux mondiaux des robots humanoïdes

Du 22 au 26 août 2026, Pékin va accueillir une compétition pour le moins inhabituelle : les World Humanoid Robot Games. Plus de 2 000 robots humanoïdes venus de 16 pays vont s’affronter dans des épreuves sportives, mais aussi dans des tâches inspirées du monde industriel. Derrière le spectacle, la Chine entend démontrer son avance dans la robotique et l’intelligence artificielle.

Répétition des jeux mondiaux de la robotique à Pékin (cappture X XuZhenqing徐祯卿)
Répétition des jeux mondiaux de la robotique à Pékin (capture XuZhenqing徐祯卿)

Plus de 2 000 robots au départ

Ils seront 2 056 robots, répartis au sein de 666 équipes, à participer à la deuxième édition des World Humanoid Robot Games. Les concurrents représentent 16 pays répartis sur six continents. L’événement se déroulera du 22 au 26 août à Pékin, notamment au National Speed Skating Oval, l’ancien anneau de vitesse des Jeux olympiques d’hiver de 2022.
L’ampleur de la compétition a considérablement augmenté en un an. En 2025, la première édition avait réuni un peu plus de 500 robots et 280 équipes. Cette année, le nombre de robots est donc multiplié par environ quatre.
La Chine domine très largement les inscriptions, avec 641 équipes et 1 975 robots, issus de 157 entreprises et de quelque 200 instituts de recherche et universités. Les États-Unis, l’Allemagne, le Japon et le Brésil figurent également parmi les pays représentés.

Du football à la lutte… et au travail

Le programme ne se limite pas à quelques robots courant maladroitement derrière un ballon.
Plus de 30 épreuves sont prévues, avec notamment de la course, du football, de la gymnastique, de l’haltérophilie, des arts martiaux, de la danse ou encore du tir à la corde. Des épreuves destinées à tester la motricité, l’équilibre, la coordination et la capacité des machines à interagir avec leur environnement sont également au programme.
Mais la véritable nouveauté est ailleurs : les organisateurs veulent désormais confronter les humanoïdes à des situations proches de la vie professionnelle.
Assemblage, manipulation d’objets, commerce, logistique, recharge de véhicules électriques ou encore interventions techniques doivent permettre de vérifier si ces machines sont réellement capables d’accomplir des tâches utiles. Reuters souligne ainsi le changement d’orientation du secteur : après les démonstrations spectaculaires, l’industrie doit désormais prouver la valeur économique réelle de ses robots.

Le football, laboratoire de l’intelligence artificielle

Le football constitue l’une des épreuves les plus spectaculaires, mais également l’une des plus complexes.
Un robot doit être capable de repérer le ballon, analyser la position de ses partenaires et de ses adversaires, choisir une stratégie, se déplacer, conserver son équilibre et frapper la balle. Le tout avec un minimum d’intervention humaine.
Les progrès réalisés depuis la première édition sont particulièrement visibles. En 2025, les robots avaient encore beaucoup de difficultés à rester debout et à se déplacer efficacement. Les chercheurs chinois expliquent que les progrès des capteurs et de l’intelligence artificielle ont depuis permis d’améliorer considérablement leur équilibre et leurs capacités de déplacement.

Des robots capables de travailler ?

C’est probablement la question essentielle de cette compétition.
Pendant plusieurs années, les fabricants ont surtout impressionné le public avec des robots capables de courir, effectuer des saltos, danser ou reproduire certains mouvements humains. Mais ces prouesses ne signifient pas nécessairement qu’un robot est capable de travailler huit heures dans une usine.
Les industriels doivent désormais franchir cette étape.
Un robot qui fait un salto est spectaculaire. Un robot qui sait saisir correctement une pièce, l’assembler, détecter une erreur et recommencer sans intervention humaine est potentiellement beaucoup plus intéressant économiquement.
Les épreuves professionnelles des Jeux de Pékin constituent précisément un moyen de mesurer cette évolution.

La Chine veut prendre la tête de la robotique humanoïde

L’organisation de ces Jeux n’est évidemment pas anodine.
La Chine cherche depuis plusieurs années à devenir une puissance mondiale de la robotique. Pékin dispose d’un gigantesque tissu industriel permettant de produire les composants nécessaires aux humanoïdes : moteurs, batteries, capteurs, systèmes électroniques et composants mécaniques.
La tenue simultanée à Pékin de la World Robot Conference, où plus de 300 entreprises présentent plus de 2 000 produits robotiques, illustre l’importance accordée par le pays à ce secteur.
La compétition sportive sert donc également de vitrine technologique.

Unitree, l’un des acteurs à surveiller

Siège de l'entreprise Unitree (Windmemories, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons)
Siège de l’entreprise Unitree (Windmemories, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons)

Parmi les entreprises chinoises les plus visibles figure Unitree, spécialiste des robots quadrupèdes et humanoïdes.
À quelques jours des Jeux, l’entreprise a présenté un nouveau robot baptisé « Superman ». Selon Unitree, celui-ci peut atteindre une vitesse de 12,66 mètres par seconde, soit davantage que la vitesse maximale atteinte par Usain Bolt lors de son record du monde du 100 mètres, et effectuer un saut vertical de deux mètres. Ces performances sont toutefois des annonces du fabricant et doivent être distinguées de résultats établis dans des conditions indépendantes.
Cette démonstration illustre la rapidité avec laquelle les fabricants chinois font progresser leurs machines.
Une course mondiale

La Chine n’est cependant pas seule dans cette course

Les États-Unis, le Japon, l’Allemagne et plusieurs autres pays développent eux aussi des robots humanoïdes. L’enjeu dépasse largement le domaine du divertissement : les humanoïdes pourraient à terme intervenir dans l’industrie, la logistique, les entrepôts, les services, les hôpitaux ou certains travaux dangereux.
Mais de nombreux obstacles restent à franchir : autonomie énergétique, fiabilité, coût de production, capacité à comprendre des environnements imprévisibles et surtout intelligence artificielle suffisamment performante pour prendre des décisions en temps réel.
Reuters souligne ainsi que, malgré les progrès spectaculaires, les applications commerciales des humanoïdes restent encore relativement limitées.

Le véritable enjeu des Jeux de Pékin

Les World Humanoid Robot Games pourraient donc être davantage qu’une curiosité technologique.
Il s’agit d’un gigantesque banc d’essai pour une industrie qui cherche à passer de la démonstration à la production.
La question ne sera bientôt plus seulement de savoir quel robot court le plus vite ou réalise le plus beau mouvement. Elle sera de déterminer quel robot est capable de travailler de manière fiable, autonome et rentable aux côtés des humains.
Et sur ce terrain, les Jeux de Pékin pourraient donner une indication précieuse sur l’avance prise par la Chine dans la course aux robots humanoïdes.
Du 22 au 26 août, les spectateurs verront donc peut-être moins les robots du futur qu’une première esquisse de leurs futurs collègues de travail.

 

 

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