Edition du samedi 16 décembre 2017

Alexia : pourquoi les enquêteurs restent discrets

Le mari d’Alexia Daval, cette joggeuse dont le corps calciné a été retrouvé dans un bois près de Gray (70) s’est constitué partie civile. Il va pouvoir accéder au dossier. Mais pas à tous les éléments de l’enquête.

Alexia Daval, née Fouillot, disparue depuis le samedi 28 octobre 2017 à Gray (70)

Alexia Daval, née Fouillot, disparue depuis le samedi 28 octobre 2017 à Gray (70)

Depuis plusieurs jours les avocats des parties civiles s’étonnent et s’impatientent car ils n’ont pas d’information sur l’évolution de l’enquête et sur les conclusions de l’autopsie du corps d’Alexia Daval. Cela fait deux bonnes semaines maintenant que cette jeune femme de 29 ans, partie de son domicile de Gray, en Haute-Saône, le 28 octobre 2017 pour un footing matinal, a été retrouvée sans vie, trois jours plus tard, dans le bois de Velet, à quelques kilomètres du parcours qu’elle est censée avoir emprunté.
Après l’autopsie pratiquée le 2 novembre, la presse locale a évoqué une mort par strangulation et l’absence de viol. Compte tenu de l’énorme émotion suscitée par ce drame non seulement dans la petite ville de Gray mais bien au-delà, les rumeurs les plus folles se sont propagées sur les réseaux sociaux. Au point que la procureur du TGI de Besançon, Edwige Roux-Morizot a cru utile de révéler, au cours d’une conférence de presse, le 6 novembre, que « la cause de la mort n’est pas établie avec certitude. » Elle ajoutait : « Son décès est probablement lié à une asphyxie sans que l’on connaisse encore le mécanisme de cette asphyxie… De la même manière il n’est pas possible, comme il a été dit, hélas, d’affirmer qu’elle n’a pas été violée. »
Pourtant, la magistrate a également affirmé, en début de conférence de presse, que l’autopsie a été « concluante ».

Recherche d’indices

En d’autres termes, les enquêteurs de la gendarmerie de Besançon détiennent sans doute, grâce à l’autopsie, des informations précieuses qu’ils ne veulent pas révéler pour l’instant pour ne pas gêner l’évolution de leur enquête. Comme, par exemple, l’heure de la mort, la tenue vestimentaire, la cause du décès. Peut-être ont-ils pu établir si une ou plusieurs personnes sont intervenues dans le rapt et le meurtre. Un homme ? Une femme ? Les deux ? La réponse à ces questions orientera utilement les investigations.
De même, peu d’informations ont filtré sur la scène du crime. Les enquêteurs spécialisés ont-ils trouvé des indices probants qu’ils gardent sous le coude pour confondre le ou les auteurs de ce crime ? Des objets personnels ? Des traces de véhicules ? Des traces de pas ? Des indications sur l’incendie lui-même ? Sur le jour et l’heure du brasier ?
Enfin, on sait bien que les policiers et les gendarmes épluchent aussi les communications téléphoniques. Travail long et fastidieux. Ils veulent savoir si tel numéro de téléphone a « borné » à tel ou tel endroit de manière à suivre le parcours de celui qui le possède.
En tout cas, il y a fort à parier que de nombreux téléphones sont sur écoutes depuis l’annonce de la disparition d’Alexia par son mari, le samedi 28 octobre 2017 vers 12 h 30.
C’est grâce à ce travail discret mais rigoureux et méthodique que les enquêteurs pourront un jour démasquer le ou les auteurs de l’enlèvement et du meurtre d’une jeune femme de 29 ans.

Emilien Lacombe

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