Edition du dimanche 17 décembre 2017

Metz : colère d’un universitaire

Le directeur d’une UFR de l’université de Lorraine à Metz estime avoir été discriminé, du fait de son origine tunisienne, pour l’accès à un concours de directeur de l’ENIM, école d’ingénieurs de Metz en 2011. Explications.

M. Nidhal Rezg veut savoir pourquoi il a été écarté d'un concours

M. Nidhal Rezg veut savoir pourquoi il a été écarté d’un concours

« Je veux savoir pourquoi, en 2011, on m’a éliminé du concours visant à sélectionner le directeur de l’Ecole Nationale d’Ingénieur de Metz. Je n’ai toujours aucune explication. » Nidhal Rezg, directeur de l’UFR Mathématiques, Informatique, Mécanique (MIM) de l’Université Lorraine, sur l’île du Saulcy, à Metz, vient d’adresser une nouvelle lettre (ouverte) à la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem et au secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Thierry Mandon, pour leur demander des comptes. Ou plutôt des explications.
L’affaire date de 2011 lorsqu’il s’est agi de nommer un nouveau directeur à l’ENIM, cette école d’ingénieurs créée en 1961. Un appel à candidatures est lancé pour participer à un concours, le 15 avril. « Je ne sais pas pourquoi il a été annulé, explique Nidhal Rezg. Un nouvel appel à candidatures est lancé. Je confirme ma candidature en juillet 2011. Mais je ne serai jamais convoqué. Ma candidature n’a pas été retenue. Pourquoi ? »

Un contexte surprenant

Ce professeur des universités aimerait savoir sur quels critères les deux autres candidats ont été sélectionnés. « A ce jour, je n’ai reçu aucune communication officielle de la part de votre ministère m’informant de l’état de ma candidature et elle est donc toujours réputée en cours » écrit-il à la ministre.
Or, dans le même temps, Nidhal Rezg est victime de cambriolages de son bureau. Le 8 mai et le 10 juin 2011. Certes, rien n’a été volé. Mais plaintes ont été déposées. « J’y ai vu comme une mesure d’intimidation » dit-il.
Puis, il reçoit des appels anonymes menaçants. Enfin, une manifestation est organisée devant la préfecture de Metz, le 15 juin 2011 « Un syndicaliste a déclaré devant une caméra : ‘’on ne veut pas de Ben Ali à l’ENIM’’. Je suis d’origine tunisienne. »

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Ce contexte inquiétant lui fait dire qu’il est victime de discrimination. « Depuis plus de 5 ans je demande des explications. Je veux porter l’affaire devant le tribunal administratif pour abus de pouvoir du ministère, discrimination et favoritisme. Mais l’absence d’explications écrites me prive de documents. J’ai la profonde conviction que ma nationalité franco-tunisienne n’est pas étrangère à ce limogeage. Je réclame justice et l’application des règles de droit. Rien d’autre. »

M.G.

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