Edition du vendredi 17 novembre 2017

Non à « Méthasânon »

La méthanisation une énergie pas si verte qu’elle en a l’air… Les opposants au projet s’expliquent. Et lancent une pétition. 

Non à la méthanisation dans le Lunévillois

Non à la méthanisation dans le Lunévillois

Un projet d’implantation d’une usine de méthanisation (projet « Méthasânon ») est en phase d’enquête publique sur la commune d’Einville-au-Jard jusqu’au 13 juillet 2017.
La méthanisation permet de fabriquer du gaz (méthane) et un digestat liquide qui sera épandu à partir des effluents d’élevage. La méthanisation a le vent en poupe ces dernières années grâce au plan Energie-Méthanisation-Autonomie-Azote du ministère de l’agriculture qui a pour objectifs la création de 1.500 méthaniseurs à la ferme d’ici 2020, soit environ 15 usines par département.

22 exploitations agricoles

Nous ne sommes pas opposés à la méthanisation agricole de petite taille et avons fait la démarche de nous intéresser à ce procédé très en amont de la naissance de ce projet. Au premier regard, les avantages auraient pu être tout à fait intéressants et pertinents : création d’énergie, réduction d’engrais chimiques. Sauf que, force est de constater, que plus nous avons creusé le sujet et plus nous avons découvert des incohérences et compris les enjeux globaux et perfides sous-jacents de ces projets. Nous avons fini par établir que la méthanisation agricole de taille importante est une ineptie, une bêtise.
Dans le projet qui nous concerne, ce sont 22 exploitations agricoles qui se regroupent pour traiter leurs effluents : lisiers et fumiers. A noter qu’aucune exploitation du projet ne se trouve dans le village d’Einville-au-Jard ni de Bauzemont qui sont les deux villages les plus impactés par la potentielle installation de cette usine. L’usine est prévue pour traiter tous les jours 120 tonnes de fumier. Elle engendrera la construction de plusieurs cuves de 44 mètres de diamètres et de 8 mètres de haut, ainsi que celle d’un bâtiment de stockage de 80 mètres de long sur 11 mètres de haut, et encore d’autres bâtiments (bureaux, compresseurs, etc…), le tout sortant de terre sur un site de 3 ha, vierge de toute construction et situé en pleine rase campagne, dans un paysage bucolique du lunévillois (et visible depuis la voie verte longeant le canal, lieu de passage touristique et paysage tout aussi préservé).

Inquiétude des riverains

Méthanisation : il faut protéger les paysages

Méthanisation : il faut protéger les paysages

Riverains, habitants, associations, sont inquiets des conséquences d’un tel projet qui aura un impact paysager important, qui apportera des nuisances (sonores, olfactives, visuelles, des convois de camions de transport), qui risque de porter atteinte à l’environnement (fuite des cuves, fuite de méthane dans l’air, pollution des eaux et des sols par les nitrates en raison du fort risque de lessivage du digestat, etc…), qui va diminuer l’attractivité des villages et entrainer une baisse de l’immobilier dans le secteur, sans parler des risques d’une telle usine à gaz (incendie, explosion, etc…). Déjà concernés par le projet d’épandage des boues de la station d’épuration du Grand Nancy, nous ne souhaitons pas que le territoire du Sânon deviennent la poubelle rurale et que nos champs soient aspergés de toutes sortes de matières plus douteuses les unes que les autres. Nous sommes d’autant plus inquiets que des usines de méthanisation sont déjà exploitées en France et nombreuses sont celles qui rencontrent des difficultés (notamment les plus grosses installations, exemples à Marnay, Issé…).

Alerte rouge

Au-delà des conséquences locales, nous voulons aussi alerter sur les conséquences globales que fait peser le procédé de méthanisation sur notre société : déstabilisation de la filière laitière, spéculation foncière, transformation de l’agriculture en énergiculture, captation de terres au détriment de l’alimentation…. Nous tirons la sonnette d’alarme : pour être de vrais outils de la transition énergétique, les méthaniseurs doivent être envisagés à l’échelle de la ferme, de petite taille, destiné à accueillir uniquement les effluents produits directement sur place. Ils ne sauraient devenir des énormes usines dangereuses, odorantes, consommatrices de denrées agricoles détournées de leur utilisation (180ha de maïs/an cultivés uniquement pour être intégrés dans le digesteur).
La méthanisation étant encore peu connue du plus grand nombre, il est urgent d’alerter l’opinion sur cette filière d’énergie renouvelable qui n’est pas aussi verte qu’elle le prétend.
En ce moment, nous réalisons de nombreuses actions contre ce projet et contre ce procédé (une pétition) est notamment en cours et les habitants de Bauzemont sont très mobilisés et ont créé des pancartes pour alerter les passants).

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