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Un soldat français tué dans une embuscade au Liban-Sud

Le sergent-chef Florian Montorio, du 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, a été tué samedi matin au cours d’une opération de la FINUL dans la région de Deir-Kifa. Trois de ses camarades ont été blessés. Emmanuel Macron a désigné le Hezbollah comme responsable de l’attaque.

le sergent-chef Florian Montorio est mort dans le cadre de l'opération DAMAN, engagement français au sein de la Force intérimaire des Nations-Unies au Liban (capture état-major des Armées)
Le sergent-chef Florian Montorio est mort dans le cadre de l’opération DAMAN, engagement le sergent-chef Florian Montorio est mort dans le cadre de l’opération DAMAN, engagement français au sein de la Force intérimaire des Nations-Unies au Liban (capture état-major des Armées).

C’est un deuil national qui s’abat sur la France ce samedi matin. Un militaire français a perdu la vie au Liban-Sud, tué dans une embuscade tendue contre des soldats de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). La nouvelle a été annoncée directement par le président de la République, Emmanuel Macron, via un message publié sur le réseau social X en milieu de matinée.

Une embuscade à bout portant

Selon les précisions apportées par la ministre des Armées, Catherine Vautrin, le drame s’est noué tôt le matin dans la région de Deir-Kifa, au sud du pays. Le sergent-chef Florian Montorio participait alors à une mission d’ouverture d’itinéraire en direction d’un poste de la FINUL rendu inaccessible depuis plusieurs jours en raison des combats dans la zone.
C’est au cours de cette mission périlleuse qu’un groupe armé a ouvert le feu à très courte distance, prenant les soldats français en embuscade. Touché immédiatement par un tir direct à l’arme légère, Florian Montorio s’est effondré sous les balles. Ses camarades, exposés eux-mêmes aux tirs, ont tenté de le réanimer sur place, en vain. Trois d’entre eux ont été blessés et évacués dans la foulée.

Macron accuse le Hezbollah, Beyrouth promet des poursuites

Dans son message, le chef de l’État n’a pas mâché ses mots : « Tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah. » Il a aussitôt exigé des autorités libanaises qu’elles procèdent à l’arrestation immédiate des coupables et assument leurs responsabilités aux côtés de la FINUL.
Une pression diplomatique à laquelle le président libanais Joseph Aoun a répondu rapidement, condamnant l’attaque et s’engageant à poursuivre les auteurs des faits. Une déclaration de principe qui devra néanmoins se traduire par des actes concrets dans un contexte sécuritaire toujours instable dans le sud du Liban.

Portrait d’un soldat d’exception

Agé d’une trentaine d’années et engagé depuis dix-huit ans dans les rangs de l’armée française, Florian Montorio était un sous-officier chevronné, déjà aguerri par de multiples déploiements en opérations extérieures. Membre du 17e régiment du génie parachutiste de Montauban — unité d’élite spécialisée dans l’appui au combat et le déminage opérationnel —, il incarnait, selon la ministre Vautrin, un engagement exemplaire au service de la paix et de la lutte contre le terrorisme.
« Sous-officier expérimenté, le sergent-chef Florian Montorio inspire le respect et l’admiration par son parcours, sa personnalité, son courage », a déclaré Catherine Vautrin, avant de conclure : « Aujourd’hui, la nation s’incline devant la mémoire d’un de ses fils qui a donné sa vie pour elle. »

La France au Liban : une présence exposée

Cet événement dramatique rappelle les risques auxquels sont quotidiennement confrontés les quelque 700 soldats français déployés au sein de la FINUL, dont la mission consiste à surveiller la cessation des hostilités dans le sud du Liban, région encore profondément marquée par les récents affrontements entre Israël et le Hezbollah. La mort de Florian Montorio est la plus lourde perte enregistrée par les forces françaises dans ce théâtre d’opérations depuis plusieurs années, et elle relance inévitablement le débat sur les conditions d’engagement et de protection des Casques bleus dans une zone où la stabilité demeure.

 

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